Société 3 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Catastrophe au Népal : comment donner aux ONG sans se faire arnaquer
Après les coulées de boue meurtrières au Népal et au Tibet, de nombreux particuliers souhaitent aider. Face aux risques d'escroqueries, un guide des bonnes pratiques pour donner en toute sécurité.
Les coulées de boue dévastatrices qui ont frappé plusieurs vallées du Népal et du Tibet ont fait près de 600 morts et plus de 1 400 disparus. Alors que les recherches se poursuivent au pied de l'Himalaya, de nombreux particuliers, en France et ailleurs, souhaitent apporter leur soutien aux victimes. Mais face à l'afflux de cagnottes en ligne et d'appels aux dons, il est essentiel de savoir à qui s'adresser pour que l'aide soit réellement efficace.
Chaque catastrophe médiatisée s'accompagne de tentatives d'escroquerie. Les experts recommandent de se méfier des cagnottes dont le bénéficiaire n'est pas clairement identifié et de vérifier sur les sites officiels des organisations connues si un appel aux dons est réellement lancé. Quelques minutes de vérification suffisent souvent à éviter les pièges. Il est également inutile de participer aux opérations du type « 1 J'aime = 1 euro » sur les réseaux sociaux, qui ne servent qu'à gonfler l'audience de certains comptes sans reverser le moindre centime aux sinistrés.
Donner directement à une association présente sur place peut sembler plus direct, mais cela comporte des risques. À moins de connaître personnellement l'organisation, il est préférable de se tourner vers des ONG reconnues en France, qui ont des équipes sur le terrain et une expérience avérée. Pour identifier ces organisations, plusieurs critères sont à vérifier : le statut juridique (association déclarée et reconnue d'intérêt général), la présence sur le terrain avant la catastrophe, la transparence financière (publication des comptes) et l'absence de pression pour donner rapidement. Des plateformes comme recensent les organisations qui œuvrent pour les sinistrés, et des ONG comme Médecins sans frontières, la Croix-Rouge ou le Secours populaire ont déjà communiqué sur leurs actions.
Il est également déconseillé d'envoyer des colis ou des fournitures aux associations. La logistique nécessaire pour trier et vérifier le matériel peut s'avérer contre-productive et encombrer les axes logistiques sur place. Les organisations disposent de leurs propres réseaux, plus rapides et mieux organisés, et travaillent avec des entreprises locales, ce qui contribue à maintenir l'économie locale. Il est donc préférable d'effectuer des dons pécuniaires et de laisser les professionnels agir.
Enfin, il n'y a pas d'urgence à donner si l'on hésite ou si les moyens manquent. Les pays et les ONG disposent de fonds d'urgence pour gérer les premiers temps de la catastrophe. Les dons qui arrivent plus tard sont tout aussi utiles pour la phase de stabilisation et de reconstruction. La solidarité peut s'exprimer de manière réfléchie et durable, sans céder à la pression médiatique.




