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lundi 31 août 2026 · Paris

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Incendie en Gironde : les habitants du Porge réclament la démission de la préfète

Lors d'une réunion publique houleuse, les habitants du Porge, commune la plus touchée par le mégafeu de juillet en Gironde, ont exprimé leur colère contre la préfète Sophie Brocas et le commandement des opérations de secours, allant jusqu'à réclamer sa démission.

Incendie en Gironde : les habitants du Porge réclament la démission de la préfète
Incendie en Gironde : Appels à la démission et « colère » noire des habitants du Porge contre la préfète

La salle des fêtes du Porge était surchauffée, mercredi soir, lorsque la préfète de Gironde, Sophie Brocas, a fait face à près de 500 habitants en colère. Ce bourg de 3 500 âmes, situé au cœur du massif forestier, a été le plus durement frappé par le mégafeu qui a ravagé le département fin juillet. Plus de 180 habitations y ont été détruites sur un total de 250, un bilan sans précédent qui a laissé des traces profondes dans la population.

Dès la présentation du déroulé des opérations de secours, déclenchées le 22 juillet à midi depuis la commune voisine de Saumos, la représentante de l'État a été submergée par les questions et les invectives. « Comment ce feu a-t-il pris de telles proportions ? », « Pourquoi cette stratégie ? », « Pourquoi n'avons-nous pas reçu de message FR-Alert pour évacuer ? », ont lancé les participants, mêlant incompréhension et colère. Certains ont crié « Démission », d'autres ont interpellé directement la préfète sur d'éventuels manquements dans la gestion de la crise.

Le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) 33, Marc Vermeulen, a également été pris à partie. Interrogé sur un éventuel débordement des moyens, il a dû répondre aux accusations d'erreurs dans le travail des pompiers, jugés « pas assez nombreux » par plusieurs sinistrés. Les volontaires de l'association de Défense des forêts contre l'incendie (DFCI) ont eux aussi exprimé leur amertume, déplorant que leur parole, fondée sur une connaissance intime du terrain, n'ait pas été écoutée. « Le feu brûlerait encore si on n'avait pas été là », a lancé l'un d'eux, la voix étranglée par l'émotion.

Alain Blanc, 75 ans, volontaire de la DFCI et habitant du Porge, a témoigné de son expérience directe : « Ce feu n'aurait pas dû prendre une telle ampleur, il aurait dû être maîtrisé dans la demi-heure qui suivait, j'y étais au départ. » Son récit, comme celui de nombreux autres intervenants, a nourri le sentiment que des erreurs ont été commises dans la chaîne de commandement. La préfète a tenté de répondre, affirmant qu'elle avait « du mal à entendre dire que les sapeurs-pompiers de Gironde sont incompétents », mais ses arguments n'ont pas apaisé les esprits.

À l'issue de trois heures et demie d'échanges tendus, Sophie Brocas a reconnu la légitimité de la colère tout en la jugeant en partie « injuste ». Elle a rappelé que le mégafeu n'avait fait aucune victime humaine et que « 90 % des habitations ont été sauvées ». Des arguments qui peinent à convaincre dans un village où les ruines sont encore fumantes et où la reconstruction s'annonce longue. Les habitants, eux, attendent désormais des réponses concrètes et des responsabilités claires sur un incendie qui a parcouru 42 000 hectares, du jamais vu en France depuis 1949.

Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.