Sport 4 min de lecture Par Noémie Weber
Infantino propose une consultation des fédérations pour réformer la gouvernance de la Fifa
À moins de six mois de l'élection présidentielle, Gianni Infantino propose aux 211 fédérations membres une consultation sur le fonctionnement de la Fifa, après la crise provoquée par le projet avorté « Fifa Forward Enterprise ».
Gianni Infantino tente de reprendre la main. Le président de la Fédération internationale de football a annoncé, dans une lettre adressée aux 211 fédérations membres, son intention de lancer une consultation sur le fonctionnement de l'institution. Une initiative qui intervient à moins de six mois de l'élection à la présidence de la Fifa, prévue le 18 mars prochain, et alors que le dirigeant fait face à de vives critiques sur sa gestion.
Dans ce courrier, Gianni Infantino indique qu'il proposera au Conseil de la Fifa d'organiser « une consultation directe, structurée et limitée dans le temps avec les confédérations, les associations membres et les parties prenantes concernées sur la manière de renforcer encore les processus décisionnels de la Fifa ». Les premières propositions pourraient être examinées lors du Conseil de la Fifa prévu le 15 octobre, tandis que d'autres contributions écrites pourront être étudiées ultérieurement.
La démarche doit notamment porter sur la répartition des responsabilités au sein de l'organisation. La consultation devra formuler des propositions sur « une implication plus précoce des instances institutionnelles, les rôles respectifs du Président, du Bureau, du Conseil et du Congrès », ainsi que sur les moyens de renforcer « la transparence, la participation et la responsabilité dans les grandes initiatives stratégiques ».
Cette annonce s'inscrit dans le sillage de la crise née du projet « Fifa Forward Enterprise » (FFE), qui prévoyait la création d'une société commerciale ouverte à des investisseurs privés et destinée à accueillir certains actifs de la Fifa, dont la Coupe du monde. Mené sans concertation préalable, le projet a finalement été retiré après l'opposition de l'UEFA, de la Concacaf et de l'AFC. Gianni Infantino affirme que le FFE avait été rendu public « avant l'achèvement du processus institutionnel prévu par la Fifa » et reconnaît que cette situation « a suscité des inquiétudes et donné l'impression que des décisions avaient déjà été prises ».
Le retrait du projet n'a pas apaisé les tensions. L'UEFA prépare une plainte pour « gestion déloyale » contre le président de la Fifa, tandis que son président Aleksander Ceferin et celui de la Concacaf Victor Montagliani réclament notamment « au moins 10 millions de dollars » pour chacune des 211 fédérations membres, soit environ 2,1 milliards de dollars au total. Ils demandent également « un audit indépendant, bénéficiant d'un accès complet aux chiffres ». L'UEFA, la Concacaf et l'AFC réclament toujours le départ de Gianni Infantino.
D'autres épisodes ont alimenté les critiques, notamment l'attribution d'un « Prix de la Paix » à Donald Trump, ainsi que l'annulation de la suspension de l'attaquant américain Folarin Balogun après un carton rouge, à la suite d'un appel de Donald Trump. Plusieurs présidents de fédérations, notamment en France, en Allemagne et en Belgique, souhaitent le départ de Gianni Infantino.
Celui-ci reste pour l'instant le seul candidat déclaré à l'élection, les candidatures pouvant être déposées jusqu'au 18 novembre. Malgré l'échec de son projet de céder des droits commerciaux de la Coupe du monde, le dirigeant reste bien placé pour être réélu en mars prochain, selon plusieurs observateurs. La consultation annoncée lundi apparaît dès lors comme une tentative de recréer du lien avec les fédérations membres à cinq mois d'un scrutin dont l'issue pourrait redessiner les équilibres internes de l'instance mondiale du football.
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