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25 ans après le 11-Septembre, George W. Bush perçu comme un « modèle de raison » face à Donald Trump

Vingt-cinq ans après les attentats du 11-Septembre, l'ancien président George W. Bush bénéficie d'une image nettement améliorée, portée par le contraste avec Donald Trump, selon une chercheuse du Conseil européen des relations étrangères.

25 ans après le 11-Septembre, George W. Bush perçu comme un « modèle de raison » face à Donald Trump
Etats-Unis : 25 ans après le 11-Septembre, George W. Bush apparaît « comme un modèle de raison » face à Donald Trump

Vingt-cinq ans après les attentats du 11-Septembre, la mémoire de George W. Bush a profondément changé aux États-Unis. Longtemps moqué pour ses lapsus et son apparente passivité face à l'attaque, le 43e président américain est aujourd'hui perçu par une partie de l'opinion comme une figure de raison et de bipartisme, à mesure que le contraste avec Donald Trump s'accentue.

Le 11 septembre 2001, deux avions percutaient les tours du World Trade Center à New York, un troisième s'écrasait sur le Pentagone et un quatrième en Pennsylvanie, tuant 2 977 personnes. George W. Bush, fraîchement élu après une victoire contestée face à Al Gore, se trouvait alors dans une école en Floride. Les images de sa réaction, jugée absente, avaient marqué les esprits. En France, sa marionnette aux Guignols de l'info avait contribué à forger une image de dirigeant peu intellectuel. Pourtant, aux États-Unis, sa cote de popularité avait atteint 89 % d'approbation fin 2001, avant de chuter à environ 33 % à la fin de son second mandat, en 2008.

Depuis son départ de la Maison-Blanche, sa cote s'est redressée. Un sondage commandé par CNN en 2018 lui attribuait 61 % d'avis favorables, contre 66 % pour Barack Obama et 40 % pour Donald Trump, alors en poste. La progression est particulièrement nette chez les démocrates, passés de 11 % à 54 % d'opinions positives à son égard. « Quitter ses fonctions permet à un ancien président d'être davantage considéré comme un homme d'État chevronné plutôt que comme une figure politique actuelle », analyse Nevada Joan Lee, chercheuse au Conseil européen des relations étrangères (ECFR) à Washington. Elle ajoute que le public a naturellement tendance à juger le passé avec indulgence, selon le fameux « c'était mieux avant ».

Cette amélioration doit aussi beaucoup à l'effet de contraste avec Donald Trump. Ce dernier est aujourd'hui crédité de 67 % d'opinions défavorables. « Comparé à un président qui a incité à une émeute au Capitole, déclenché en toute impunité de multiples conflits commerciaux et militaires, et appelé à la mise à mort de sénateurs et de députés démocrates pour “comportement séditieux”, le président Bush apparaît comme un modèle de raison et de bipartisme », énumère la chercheuse. La lettre laissée par George W. Bush à Barack Obama en 2009, dans laquelle il félicitait son successeur et lui promettait le soutien de « tout un pays », est souvent citée comme un exemple de cette tradition républicaine.

Reste que George W. Bush demeure le président qui a lancé les guerres d'Irak et d'Afghanistan, des conflits « désastreux » et, avec le recul, « impossibles à remporter », rappelle Nevada Joan Lee. Son héritage reste donc ambivalent, entre une image adoucie par le temps et des décisions militaires lourdes de conséquences. À l'heure où les États-Unis commémorent les 25 ans des attentats, cette réévaluation de George W. Bush dit autant de lui que du paysage politique actuel.

Rémi Lefèvre

Auteur

Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.