Actualités 4 min de lecture Par Pauline Delorme
L'avion de Zelensky a-t-il été approché par un drone russe ? Ce que l'on sait
Le Premier ministre norvégien a affirmé que l'avion de Volodymyr Zelensky avait failli être percuté par un drone lors de son vol vers la Norvège. La présidence ukrainienne assure qu'il n'était pas en danger. Retour sur un incident qui reste flou.
L'avion qui transportait Volodymyr Zelensky a-t-il réellement été approché par un drone russe ? La question agite les chancelleries depuis que le Premier ministre norvégien a affirmé, mercredi 9 septembre au soir, que l'appareil du président ukrainien avait « failli être percuté » par un drone. Le chef de l'État ukrainien se rendait alors à Oslo pour assister aux funérailles du roi Harald V de Norvège.
Selon les autorités norvégiennes, l'incident se serait produit lors du décollage de l'avion de Chisinau, en Moldavie, mardi 8 septembre. L'appareil aurait croisé la trajectoire d'un drone, sans que l'on sache encore avec certitude s'il s'agissait d'un engin russe ni s'il visait spécifiquement le vol présidentiel. La présidence ukrainienne, de son côté, assure que Volodymyr Zelensky n'a jamais été en danger, sans pour autant démentir formellement l'incident.
Les circonstances exactes de cette alerte restent donc difficiles à établir. Aucune source officielle n'a confirmé que le drone ait été armé ou qu'il ait eu pour mission de cibler l'avion présidentiel. L'espace aérien moldave, situé à proximité immédiate de la zone de guerre ukrainienne, est régulièrement traversé par des engins de reconnaissance ou des munitions rôdeuses, ce qui rend plausible une coïncidence comme une tentative délibérée.
Cet épisode s'inscrit dans une longue série d'alertes à la sécurité du président ukrainien. Depuis le début de l'invasion russe en février 2022, Volodymyr Zelensky vit sous haute protection et ses déplacements sont entourés d'un secret extrême. Plusieurs incidents ont déjà été signalés, sans qu'il soit toujours possible de distinguer les menaces réelles des rumeurs ou des opérations d'influence.
L'affaire intervient alors que le président ukrainien poursuit une tournée diplomatique destinée à obtenir davantage de moyens pour protéger le ciel ukrainien. Après la Norvège, il devait se rendre au Canada pour rencontrer le Premier ministre Mark Carney à Calgary, avant de participer à un Conseil des ministres à Banff. La défense antiaérienne, l'énergie et la préparation du G20 figurent au menu de ces entretiens, dans un contexte où les frappes russes s'intensifient.
La question de la sécurité aérienne du président ukrainien est d'autant plus sensible que la Moldavie, pays voisin de l'Ukraine et candidat à l'Union européenne, se trouve elle aussi exposée aux débris et aux incursions d'engins volants. Chisinau a déjà dénoncé à plusieurs reprises des violations de son espace aérien par des drones ou des missiles russes, sans que ces incidents aient toujours donné lieu à des preuves définitives.
Pour l'heure, ni le Kremlin ni les autorités russes n'ont commenté l'information. L'OTAN et les autorités moldaves n'ont pas non plus confirmé la nature exacte de l'engin. Le flou qui entoure cet épisode illustre la difficulté, dans un conflit de haute intensité, de vérifier rapidement des faits qui touchent directement à la sécurité d'un chef d'État en guerre.
Ce qui est certain, c'est que l'incident a été suffisamment sérieux pour que le Premier ministre norvégien en parle publiquement, d'une voix grave, quelques heures seulement après l'arrivée de Volodymyr Zelensky sur le sol norvégien. Une prise de parole inhabituelle, qui témoigne de la nervosité des pays européens face aux risques d'escalade dans la région.
Reste à savoir si cet épisode aura des conséquences concrètes sur les discussions en cours. La délégation ukrainienne devrait en tout cas s'appuyer sur cet incident pour réclamer davantage de systèmes de défense antiaérienne et de moyens de surveillance de l'espace aérien. Un argument de plus dans une négociation qui dure depuis plus de quatre ans.




