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Adèle Haenel et la suppression du replay de « La Grande Librairie » : France Télévisions se défend

Après les propos d'Adèle Haenel sur Israël et la Palestine dans « La Grande Librairie », France Télévisions a dépublié le replay de l'émission, invoquant l'absence de contradiction. La comédienne dénonce une censure, tandis que les réactions politiques se multiplient.

Adèle Haenel et la suppression du replay de « La Grande Librairie » : France Télévisions se défend
Propos d’Adèle Haenel sur Israël : France Télévisions s’explique sur la suppression du replay de « La Grande Librairie »

France Télévisions a retiré de sa plateforme france.tv le replay de l'émission « La Grande Librairie » diffusée mercredi sur France 5, après des propos tenus par l'invitée Adèle Haenel sur le conflit israélo-palestinien. Le groupe public justifie cette décision par l'absence de contradiction aux déclarations de la comédienne, tout en niant toute censure.

Invitée du magazine littéraire présenté par Augustin Trapenard, Adèle Haenel s'est exprimée en fin d'émission. « L'État d'Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice. N'acceptez pas l'inacceptable. Alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine », a-t-elle notamment déclaré, selon des extraits largement relayés sur les réseaux sociaux. Ces propos ont rapidement suscité une vive polémique en ligne.

Face à l'ampleur des réactions, France Télévisions a choisi de dépublier la séquence. Contacté par Télérama, le groupe a expliqué que la position de l'actrice de 37 ans n'avait pas pu être contrebalancée par « plusieurs points de vue, ce que notre cahier des charges impose ». La direction a précisé avoir procédé à cette dépublication « à titre conservatoire » après analyse de la séquence. « Il n'y a aucune censure », a-t-elle défendu auprès de l'AFP, sans donner plus de détails sur les critères ayant motivé cette décision.

Quelques heures après le retrait de la vidéo, Adèle Haenel a réagi sur ses réseaux sociaux. Elle a expliqué avoir établi un lien entre « la silenciation et le déni autour des VSS [violences sexistes et sexuelles] et la silenciation et le déni autour du génocide en Palestine ». L'ancienne actrice, désormais autrice, a estimé que cette suppression démontrait la pertinence de son propos : « Ce qui est assez fou, c'est qu'ils font absolument la démonstration parfaite de la pertinence des propos qui consistaient à dire qu'il y a certains mots, certaines réalités que tout le monde sait et qui ne doivent surtout pas être dits. Ce qui est bien, c'est qu'ils nous ont aidés à faire notre démonstration. Donc félicitations France Télévisions. »

La décision de France Télévisions a provoqué de nombreuses réactions politiques. Plusieurs responsables de La France insoumise, le sénateur communiste Ian Brossat ou encore Olivier Faure, candidat à la primaire socialiste, ont dénoncé une atteinte à la liberté d'expression. « Le principe d'une carte blanche, c'est de laisser la parole […] Y a-t-il des points de vue interdits ? Y avait-il des propos qui relevaient du délit ? En l'absence de justification, cette suppression est une honte », a déclaré Olivier Faure sur X. À l'inverse, le député Rassemblement national Julien Odoul a jugé que l'actrice « relayait la propagande des islamistes du Hamas, sans contradiction ni nuance ».

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions accrues autour de la couverture médiatique du conflit israélo-palestinien et des prises de parole politiques sur les plateaux de télévision. Elle relance le débat sur les limites de la liberté d'expression dans les médias de service public et sur les conditions de modération des contenus sensibles. France Télévisions, qui invoque son cahier des charges pour justifier l'équilibre des points de vue, se retrouve au cœur d'une controverse opposant partisans d'une parole sans filtre et défenseurs d'un encadrement éditorial strict.

Rémi Lefèvre

Auteur

Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.