Sport 5 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Lens renverse le Slavia Prague dans le temps additionnel pour son retour en Ligue des champions
Pour son entrée en lice en Ligue des champions, le RC Lens a arraché une victoire spectaculaire 3-2 sur la pelouse du Slavia Prague grâce à deux buts dans le temps additionnel signés Florian Thauvin et Ruben Aguilar.
Le RC Lens a réussi l'un des scénarios les plus fous de son histoire européenne. Pour son entrée en lice en Ligue des champions, le club artésien s'est imposé 3-2 sur la pelouse du Slavia Prague, jeudi, en renversant la rencontre dans le temps additionnel grâce à deux buts inscrits aux 91e et 93e minutes. Menés 2-1 à dix minutes de la fin, les Lensois ont signé une victoire que le football européen n'avait plus connue depuis avril 2013, selon les statistiques d'Opta.
Les deux héros de cette soirée se nomment Florian Thauvin et Ruben Aguilar. Le premier a égalisé à 2-2 dès la première minute du temps additionnel, avant que le second, entré en jeu, ne donne la victoire aux siens deux minutes plus tard sur une interception suivie d'une frappe décisive. Un dénouement d'autant plus inattendu que le Slavia Prague venait de reprendre l'avantage à la 88e minute par Danijel Sturm, infligeant ce qui ressemblait à un coup dur définitif aux vice-champions de France.
Cette victoire intervient dans un contexte délicat pour le RC Lens, qui restait sur deux défaites consécutives en Ligue 1, face à Strasbourg (2-1) puis à Lorient (0-1). Malgré une nette domination statistique — 63 % de possession et 26 tirs à 18 — les hommes de Dino Toppmöller ont longtemps buté sur une équipe tchèque accrocheuse, évoluant en infériorité numérique en seconde période. Il a fallu puiser dans les ressources mentales pour éviter une troisième défaite de rang et lancer idéalement cette campagne européenne.
« Ce scénario, on ne pouvait pas l'écrire », a confié Ruben Aguilar au micro de Canal+. « Le foot est le meilleur sport au monde pour vivre de telles émotions. Il ne faut jamais rien lâcher. À 2-1, on ne s'est pas dit qu'on allait gagner mais on y a cru. » L'ancien latéral monégasque de 33 ans a placé cet épilogue dans son « top 3 des scénarios les plus fabuleux » en carrière. Clin d'œil du destin, Thauvin et Aguilar se sont côtoyés durant leur formation à Grenoble entre 2008 et 2011.
Florian Thauvin, désigné homme du match, a lui aussi insisté sur l'état d'esprit du groupe. « On a eu du mental ce soir. On sortait d'une période difficile, et réagir comme on l'a fait va nous faire du bien, c'est comme ça qu'on crée ce supplément d'âme pour une saison. C'est le reflet de toute l'équipe, on s'est battus comme des lions, on n'a rien lâché. » L'international français a même eu une touche d'autodérision : « On aura tout vu dans le football, si je commence à marquer de la tête… Plus qu'un but, c'est un état d'esprit. Quand on se donne à fond jusqu'au bout, on marque du pied, de la tête, de la fesse, c'est le football. »
L'entraîneur lensois Dino Toppmöller, arrivé cet été en provenance de l'Eintracht Francfort, ne cachait pas sa fierté. « Je me sens bien plus âgé qu'hier, a-t-il plaisanté en conférence de presse. C'était un match de fou. On a montré un top caractère avec beaucoup de jeunes. Je n'ai jamais imaginé que c'était fini. Je suis très fier de l'équipe. On n'est pas ici, dans cette grande compétition, seulement pour participer. »
Ce succès revêt une portée historique pour le club nordiste. Il s'agit du premier succès à l'extérieur du RC Lens en Ligue des champions depuis novembre 1998 et un exploit sur la pelouse d'Arsenal (0-1, but de Michaël Debève). Une première depuis treize ans également pour une équipe menée au début du temps additionnel et qui parvient à renverser le match dans la plus prestigieuse des compétitions européennes, le dernier précédent remontant à un quart de finale retour Borussia Dortmund-Malaga en avril 2013.
Les Lensois ont désormais rendez-vous avec leur public. Le 13 octobre, le stade Bollaert-Delelis accueillera le Sporting pour la première à domicile du club en Ligue des champions. L'ambiance s'annonce bouillante pour une équipe qui vient de prouver qu'elle pouvait rivaliser avec les cadors européens, même dans les moments les plus difficiles.




