Les ossements humains découverts le 16 juillet dans un champ de la commune de Mailhoc, dans le Tarn, sont bien ceux de Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines. L'information a été confirmée dimanche 19 juillet par le procureur général de Toulouse, Nicolas Jacquet, à l'issue des analyses ADN réalisées par l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise. Ces résultats mettent fin à plus de quatre ans et demi d'incertitude pour la famille et les proches de la victime, une infirmière de 33 ans et mère de deux enfants.

Les analyses ont permis d'établir que les ossements correspondent au bas du corps de Delphine Aussaguel, son nom de jeune fille. Ils ont été retrouvés sur indication de son époux, Cédric Jubillar, qui avait avoué le 6 juillet avoir tué sa femme après avoir nié toute responsabilité pendant des années. Le peintre-plaquiste de 38 ans avait alors révélé l'emplacement où il avait dissimulé le corps, conduisant les enquêteurs à déployer un important dispositif de recherches dans une zone située à une dizaine de kilomètres du domicile conjugal, près d'Albi.

Pendant deux jours, une centaine de gendarmes, dont une équipe spécialisée dans la lutte antidrone, ont quadrillé le périmètre autour de la route départementale 600, entre les villages de Mailhoc et Villeneuve-sur-Vère. Les ossements ont été exhumés et transportés au laboratoire de l'IRCGN pour y être soumis à des analyses génétiques. Le parquet général de Toulouse a confirmé que les résultats concordaient parfaitement avec le profil ADN de Delphine Jubillar, mettant un terme aux spéculations sur l'identité des restes.

Cédric Jubillar, qui avait toujours clamé son innocence depuis la disparition de son épouse, a changé de position le 6 juillet en reconnaissant les faits. Il a été entendu par les juges d'instruction et a fourni des détails sur les circonstances du drame, bien que ceux-ci n'aient pas été rendus publics. Les aveux du mari ont constitué un tournant majeur dans une affaire qui avait suscité une intense médiatisation et de nombreuses interrogations, notamment en raison de l'absence de corps pendant plus de quatre ans.

L'enquête, menée par la section de recherches de Toulouse et la brigade de recherches d'Albi, se poursuit désormais pour établir les circonstances exactes du décès et les éventuelles responsabilités pénales. Cédric Jubillar reste le « maître du jeu », selon des sources proches du dossier, car il détient encore des informations clés sur le déroulement des faits. Les investigations devraient inclure des confrontations et des expertises complémentaires pour reconstituer la chronologie des événements.

La découverte du corps de Delphine Jubillar apporte un soulagement relatif à sa famille, qui pourra enfin organiser des funérailles dignes. Cependant, le choc et la douleur persistent, alors que le procès de Cédric Jubillar se profile à l'horizon. L'affaire, qui avait marqué l'opinion publique par sa dimension tragique et les rebondissements judiciaires, devrait connaître de nouveaux développements dans les semaines à venir.