Emmanuel Macron doit présider ce lundi à 10 heures une cellule interministérielle de crise consacrée aux incendies qui frappent la France, et plus particulièrement le département de la Gironde. Cette réunion se tiendra au ministère de l'Intérieur alors que les flammes menacent désormais les abords de l'agglomération bordelaise, notamment à Saint-Jean-d'Illac, à une trentaine de kilomètres de la ville. Le chef de l'État entend coordonner la réponse des pouvoirs publics face à une situation jugée exceptionnelle par les autorités.
Depuis mercredi dernier, les feux de forêt ont parcouru plus de 42 000 hectares en Gironde, selon un bilan communiqué par la préfecture. Les pompiers, mobilisés en grand nombre, ont affronté pour la cinquième nuit consécutive un incendie hors norme. Si la situation a été qualifiée de « globalement stable » au cours de la nuit de dimanche à lundi, les dégâts matériels sont considérables: au moins 240 habitations ont été détruites et des milliers d’hectares de forêt sont partis en fumée. Les opérations de lutte se poursuivent sans relâche sur plusieurs fronts.
Face à l’ampleur de la catastrophe, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a annoncé lundi matin la suspension des activités des colonies de vacances dans l’ensemble du département. Cette mesure préventive concerne des centaines d’enfants et vise à éviter toute mise en danger alors que la qualité de l’air se dégrade et que les axes routiers restent perturbés par les interventions des secours. Les autorités appellent les habitants à la plus grande vigilance et rappellent les consignes de sécurité, notamment l’interdiction d’accès aux massifs forestiers.
La cellule de crise présidée par Emmanuel Macron réunira plusieurs ministres, dont celui de l’Intérieur, ainsi que des représentants des services de secours et de la sécurité civile. L’objectif est de faire le point sur la situation opérationnelle, d’évaluer les besoins en moyens matériels et humains, et de planifier les prochaines étapes de la lutte contre les flammes. Le gouvernement pourrait également annoncer des mesures d’urgence pour les sinistrés, notamment en matière d’hébergement et d’indemnisation.
Les incendies qui touchent le sud-ouest de la France surviennent dans un contexte de sécheresse et de températures élevées, même si les sources officielles n’ont pas encore établi de lien direct avec un épisode caniculaire particulier. Le feu, parti de la forêt de la Teste-de-Buch et du secteur de Landiras, a progressé ces derniers jours vers le nord, poussé par des vents changeants. La proximité de Bordeaux, troisième métropole du pays, rend la situation particulièrement sensible pour les autorités, qui redoutent une extension vers les zones urbaines périphériques.
Les pompiers venus de toute la France, renforcés par des moyens aériens et terrestres, luttent sans répit pour tenter de fixer les lignes de front. Des renforts supplémentaires ont été sollicités auprès des pays voisins, l’Espagne ayant déjà dépêché des avions bombardiers d’eau. Malgré les progrès accomplis durant la nuit, les autorités appellent à ne pas relâcher la vigilance. La cellule de crise qui se réunit ce lundi matin devrait permettre de préciser les priorités des prochaines heures et de maintenir une coordination étroite entre l’État et les collectivités locales.



