La capitale ukrainienne a connu une nouvelle nuit d’horreur. Des frappes russes nocturnes ont fait 17 morts et 44 blessés à Kiev et dans sa région, tandis que la défense antiaérienne ukrainienne n’est pas parvenue à intercepter le moindre missile. Volodymyr Zelensky a déploré ce bilan, affirmant que des intercepteurs capables d’abattre des missiles balistiques « auraient pu sauver des vies ». Le président ukrainien réclame depuis plusieurs semaines des batteries Patriot supplémentaires pour protéger les grandes villes du pays.
Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé 98 drones et 28 missiles à haute vitesse, dont des engins balistiques, au cours de ces attaques. Tous les drones ont été détruits par la défense ukrainienne, mais aucun missile n’a été signalé comme intercepté. Les autorités ont recensé 17 tués et 44 blessés dans la capitale et ses environs. Volodymyr Zelensky a de nouveau insisté sur l’urgence d’obtenir des intercepteurs capables de contrer les missiles balistiques russes.
Au même moment, en Allemagne, un drone équipé d’un engin explosif a perturbé le trafic de l’aéroport de Leipzig, dans l’est du pays. Dans la nuit du 4 au 5 août, la plateforme a été fermée pendant plusieurs heures et les vols suspendus environ deux heures après la découverte de l’appareil, qui transportait « un engin explosif non identifié ». L’aéroport de Leipzig constitue un hub stratégique pour l’Otan et pour l’acheminement de matériel militaire et civil vers l’Ukraine. Selon les informations disponibles, un avion de DHL, filiale de Deutsche Post, a été touché par le drone. Un engin explosif a également été retrouvé sur le tarmac, près d’un appareil d’Antonov Airlines, une compagnie ukrainienne, qui pourrait avoir été la cible réelle de cette opération. Sa position de plaque tournante en fait un site particulièrement sensible pour la logistique occidentale vers l’Ukraine.
Ce nouvel incident a aussitôt relancé les soupçons d’une action russe en territoire allemand. L’ambassadeur d’Ukraine en Allemagne s’est dit convaincu que Moscou était responsable, demandant: « Qui d’autre aurait fait ça? » La réponse du ministère allemand des Affaires étrangères a été plus prudente. Un porte-parole a rappelé que les « attaques permanentes de la Russie, organisées et pilotées par l’État, existent bel et bien », mais il a précisé qu’il ne se prononçait pas sur une implication russe « concernant ce cas précis ». Berlin, qui soutient activement l’Ukraine depuis le début de l’invasion, est directement concerné par cette affaire.
Cette double actualité survient au 1 623e jour de la guerre déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine. Elle illustre à la fois la pression militaire exercée sur les villes ukrainiennes et les craintes européennes face à des opérations susceptibles d’être attribuées à Moscou en dehors du champ de bataille. Pour Kiev, l’urgence reste le renforcement de la défense aérienne afin de limiter les pertes civiles face aux salves de missiles russes. Volodymyr Zelensky continue de plaider auprès des alliés pour accélérer les livraisons d’équipements, alors que la capitale paie un nouveau tribut à la guerre.



