Actualités 4 min de lecture Par Pauline Delorme
Washington redoute une escalade rapide après l'attaque houthie contre Riyad
Les États-Unis avertissent que le conflit entre l'Arabie saoudite et les Houthis pourrait s'emballer, après des explosions à Riyad et une attaque revendiquée contre des sites sensibles. Donald Trump a écourté son week-end à Camp David pour rentrer à Washington.
Les États-Unis ont mis en garde contre une possible « escalade rapide » au Moyen-Orient, après une nouvelle attaque des Houthis yéménites contre l'Arabie saoudite. L'avertissement, publié samedi par le département d'État sur le réseau social X, s'adresse aux ressortissants américains présents dans la région. Il intervient alors que de fortes explosions ont retenti à deux reprises dans la capitale saoudienne, Riyad.
Face à cette détérioration, Donald Trump a modifié son agenda en urgence. Le président américain devait passer tout le week-end à Camp David, la résidence présidentielle. Il est finalement rentré à Washington samedi soir, signe de la gravité que l'administration américaine accorde à la situation.
La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a confirmé samedi soir qu'un missile avait été tiré la nuit précédente par les Houthis en direction de Riyad. Selon elle, l'engin a été détruit. La coalition affirme également que les combattants ont tenté de cibler « des civils et des biens civils » dans plusieurs villes de l'ouest du royaume.
Les Houthis ont revendiqué deux attaques distinctes, menées avec des missiles et des drones. La première visait, selon eux, « des sites sensibles à Riyad ». La seconde ciblait « des installations [du géant pétrolier saoudien] Aramco à Yanbu ». Jusqu'à présent, les frappes houthies contre le royaume avaient majoritairement visé des installations pétrolières et des bases militaires. La capitale saoudienne n'avait pas été menacée depuis la reprise des hostilités en juillet avec les combattants pro-iraniens.
Plus tôt dans la semaine, Riyad avait accusé les Houthis d'avoir ciblé La Mecque. Le mouvement pro-iranien a démenti. En réponse à ces attaques, l'Arabie saoudite bombarde quotidiennement les zones contrôlées par les combattants au Yémen, sans parvenir pour l'heure à les affaiblir.
La percée éclair des Houthis ces dernières semaines au Yémen a fait des centaines de morts. Selon l'ONU, elle a aussi provoqué le déplacement de plus de 110 000 personnes. Ces combats, et les hostilités qui ont suivi avec le royaume voisin, ont déjà perturbé le trafic maritime et les exportations de l'Arabie saoudite, premier fournisseur mondial de pétrole. Par ricochet, le baril de pétrole s'est installé au-dessus des 100 dollars.
Les Houthis, qui ont lancé début septembre une vaste offensive au Yémen, contrôlent désormais tout le littoral bordant la mer Rouge. Ils renforcent ainsi leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage, qui relie l'Asie à l'Europe via le canal de Suez, a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, lorsque l'Iran a commencé à perturber fortement le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.
Sur le plan diplomatique, l'Iran a affirmé avoir transmis ses conditions pour reprendre des négociations avec les États-Unis. Cette ouverture intervient dans un contexte de tensions extrêmes, alors que Washington cherche à éviter un embrasement régional. La situation reste volatile et les prochaines heures seront déterminantes pour mesurer l'ampleur de l'escalade.




