Culture 3 min de lecture Par Noémie Weber
Ed Sheeran reconnaît des « erreurs » et juge la situation à Gaza « injustifiable »
Lors de son premier concert depuis l'éviction du rappeur Macklemore de sa tournée, Ed Sheeran a pris la parole à Philadelphie pour reconnaître des « erreurs » et qualifier la situation à Gaza d'« injustifiable », alors que des manifestants propalestiniens s'étaient rassemblés près du stade.
Ed Sheeran a reconnu avoir commis des « erreurs » et jugé la situation à Gaza « injustifiable », samedi soir à Philadelphie, lors de son premier concert depuis l'éviction du rappeur Macklemore de sa tournée. La star britannique de la pop, âgée de 35 ans, tentait ainsi de sortir de la controverse qui le vise depuis plusieurs jours.
« Ce qui se passe à Gaza est catastrophique, injustifiable et disproportionné », a déclaré l'artiste à l'ouverture de son spectacle au Lincoln Financial Field. « J'ai dû prendre des décisions difficiles, je commets des erreurs et j'en suis vraiment, vraiment désolé », a-t-il ajouté, acclamé par son public. Il a ensuite donné son concert seul, sans première partie.
La mise à l'écart de Macklemore, lundi, sous la pression de propriétaires de stades américains, a valu à Ed Sheeran un déluge de critiques sans précédent pour un musicien jusque-là très consensuel. Le rappeur, qui assurait les premières parties de la tournée, avait appelé début septembre à « libérer la Palestine ».
Face aux accusations de ne pas avoir défendu son ami et de manquer de courage pour dénoncer le sort des Palestiniens, l'interprète de Shape of You avait déjà réagi sur Instagram mardi. Il y affirmait « ne pas faire de son métier une plateforme politique ». « Je ne suis pas complice. J'ai mes opinions personnelles sur ce conflit dévastateur. Ce n'est pas parce que je choisis de ne pas m'exprimer publiquement que je n'en ai pas, ou que je ne me sens pas concerné », avait-il écrit.
Ces explications n'ont pas suffi à apaiser la polémique. Samedi, un collectif propalestinien, la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d'Israël (PACBI), a exhorté les artistes, les fans et les professionnels à boycotter les concerts d'Ed Sheeran, en tournée sur plusieurs continents. Des dizaines de manifestants se sont également rassemblés le même jour près d'une station de métro proche du lieu du concert. Certains agitaient des drapeaux palestiniens et scandaient « Libérez la Palestine ». Une dizaine de véhicules de police surveillaient ce rassemblement pacifique.
Cette controverse intervient dans un contexte où un nombre croissant d'artistes prennent la parole sur le conflit à Gaza entre Israël et le Hamas et son lourd bilan côté palestinien. Selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU, plus de 73 000 Palestiniens ont été tués et 174 000 blessés. Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, Israël poursuit ses opérations à Gaza, qui ont fait au moins 1 300 morts depuis lors.
Des Oscars aux Emmys en passant par les festivals de Cannes ou de Berlin, le conflit s'est imposé dans les discussions du monde culturel. L'éviction de Macklemore et la prise de position d'Ed Sheeran illustrent la pression croissante exercée sur les artistes pour qu'ils se positionnent sur ce sujet.




