Une fuite d'ammoniac s'est produite jeudi matin dans une usine de traitement d'uranium exploitée par Orano à Narbonne, dans l'Aude. L'incident a exposé une vingtaine d'employés au gaz toxique, et sept d'entre eux ont été hospitalisés par mesure de précaution, ont indiqué les autorités locales. Les services de secours ont été rapidement dépêchés sur place pour prendre en charge les personnes intoxiquées et sécuriser le site.

Selon les premières informations communiquées par la préfecture de l'Aude et confirmées par la direction d'Orano, la fuite est survenue dans un atelier de l'usine spécialisée dans le traitement de l'uranium. L'ammoniac, un gaz irritant et dangereux pour les voies respiratoires, s'est échappé d'un circuit de refroidissement, provoquant une alerte immédiate. Les employés présents dans la zone ont été évacués et pris en charge par les équipes médicales d'urgence.

Les sept personnes hospitalisées ont été transportées vers les centres hospitaliers de Narbonne et de Béziers. Leur état de santé n'inspire pas d'inquiétude, selon les médecins, et elles devraient pouvoir quitter l'hôpital dans les prochaines heures. Les autres employés exposés, qui présentaient des symptômes plus légers tels que des irritations oculaires ou des difficultés respiratoires mineures, ont été examinés sur place et ont pu regagner leur domicile.

L'incident a immédiatement déclenché le plan d'urgence interne de l'usine. Les pompiers de l'Aude, appuyés par une unité spécialisée dans les risques chimiques, sont intervenus pour colmater la fuite et ventiler les locaux. La circulation a été brièvement perturbée aux abords du site industriel, situé dans la zone portuaire de Narbonne, mais aucune mesure de confinement de la population n'a été jugée nécessaire. Les analyses de l'air effectuées par les services de l'État n'ont pas révélé de pollution dangereuse pour le voisinage.

Orano, entreprise spécialisée dans le cycle du combustible nucléaire, a confirmé que l'installation était à l'arrêt technique au moment de l'incident. La fuite serait due à une défaillance sur une vanne du système de refroidissement, selon les premiers éléments de l'enquête interne. La direction a assuré que toutes les procédures de sécurité avaient été respectées et qu'une enquête approfondie était ouverte pour déterminer les causes exactes de l'accident.

Cet incident relance le débat sur la sécurité des sites industriels classés Seveso, comme celui de Narbonne. Les syndicats de l'usine ont demandé une transparence totale sur les circonstances de la fuite et des garanties sur la protection des salariés. De leur côté, les élus locaux, dont le maire de Narbonne, ont exprimé leur soutien aux victimes et appelé à un renforcement des contrôles de sécurité. L'incident survient alors que le site d'Orano à Narbonne, qui emploie plusieurs centaines de personnes, est régulièrement inspecté par les autorités de sûreté nucléaire.

Les investigations se poursuivent pour établir les responsabilités et prévenir tout risque de récidive. L'usine devrait rester à l'arrêt jusqu'à ce que les réparations nécessaires soient effectuées et que les autorités donnent leur feu vert pour une reprise de l'activité. Les sept employés hospitalisés sont sous surveillance médicale, mais leur pronostic vital n'est pas engagé.