Actualités 4 min de lecture Par Pauline Delorme
Guerre en Ukraine : Kiev adapte ses protocoles face aux essaims de drones russes
Face à la multiplication des attaques de drones russes sur Kiev, le maire Vitali Klitschko a réuni les responsables locaux pour adapter les protocoles de sécurité. Parallèlement, la Suède a signé un contrat de 4,3 milliards d’euros pour l’acquisition de frégates françaises, et la Pologne enquête sur un incendie dans une usine de drones.
La ville de Kiev cherche une parade face aux essaims de drones russes qui la visent depuis une semaine. Le maire de la capitale ukrainienne, Vitali Klitschko, a annoncé lundi avoir réuni les responsables locaux pour modifier les protocoles de sécurité, notamment concernant la circulation sur les ponts enjambant le Dniepr. La région enregistre désormais une douzaine d’alertes aériennes par jour, provoquant une paralysie partielle de la vie économique.
La mairie a également annoncé préparer des changements pour les écoles, évoquant notamment des cours à distance, alors que l’année scolaire commence ce mardi en Ukraine. Sur les réseaux sociaux, des habitants s’interrogent sur la possibilité de continuer à vivre dans la capitale, notamment avec des enfants, dans de telles conditions, tandis que d’autres disent envisager de déménager vers des zones plus sûres.
Au 1.650e jour du conflit, la guerre entre l’Ukraine et la Russie connaît une nouvelle phase avec ces attaques par vagues de drones à réaction. Après les missiles, ces essaims constituent une menace nouvelle pour la capitale, qui doit adapter ses dispositifs de protection civile. Les autorités locales cherchent à limiter l’impact sur la population tout en maintenant une activité économique minimale.
Dans le même temps, la Suède a signé un contrat de 4,3 milliards d’euros pour l’acquisition de quatre frégates françaises de défense et d’intervention du constructeur Naval Group, en présence du président Emmanuel Macron. Cette commande contribue à l’effort de réarmement de la Suède depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022 et son entrée dans l’Otan en 2024. Le président français et le Premier ministre suédois Ulf Kristersson ont consolidé lundi la coopération entre leurs deux pays en matière de défense, renforçant ainsi le « pilier européen » de l’Otan.
En Pologne, le parquet a annoncé lundi le lancement d’une enquête à la suite d’un incendie survenu la nuit précédente dans une usine de drones à Skarzysko-Kamienna, dans le centre du pays, sans faire de victimes. L’enquête a été ouverte « pour participation aux activités d’un service de renseignement étranger dirigées contre la République de Pologne et pour un crime à caractère terroriste ». Les gardes de l’usine, qui appartient au groupe privé WB Electronics, spécialisé dans les systèmes électroniques de défense, ont alerté les pompiers peu après minuit et le feu a pu être maîtrisé au bout de deux heures.
Le parquet n’a fourni aucun détail sur le déroulement de l’opération ni précisé le pays commanditaire présumé de l’incendie. Mais plusieurs pays de l’Otan ont récemment dit avoir été la cible d’opérations de sabotage ou d’espionnage, des actes de « guerre hybride » imputés à la Russie. Certains, comme la Pologne et la Roumanie, ont subi des intrusions de drones et de missiles identifiés comme russes. Cette usine produisait des composants de drones pour les armées polonaise et ukrainienne, selon les informations disponibles.
La Russie continue également de subir des attaques sur son territoire. Une attaque a fait deux morts dans la ville russe de Belgorod, sans que les détails de cette frappe aient été précisés. Par ailleurs, le bilan de la frappe russe sur un dépôt de munitions près de Kiev grimpe à 38 morts, selon les autorités ukrainiennes. Enfin, l’Indonésie a ouvert une enquête sur des ressortissants soupçonnés de combattre pour Moscou dans le cadre du conflit.




