Actualités 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Kiev reprend ses frappes sur les raffineries russes après une pause
L'Ukraine a repris ses attaques contre des raffineries russes, selon le vice-ministre russe de l'Énergie, pendant que l'évacuation de la ville d'Olechky, sous occupation russe, se poursuit sous un cessez-le-feu humanitaire.
L'Ukraine a repris ses frappes contre les infrastructures pétrolières russes, après une période de pause. Le vice-ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak, a confirmé dans une interview télévisée que « les attaques contre les raffineries ont repris », précisant que trois raffineries et un complexe gazier avaient été visés, sans donner davantage de détails.
Le média russe indépendant Astra a signalé une attaque contre une raffinerie dans la région de Samara, située à environ 800 kilomètres de la frontière ukrainienne, et diffusé des images montrant de larges panaches de fumée noire. Le gouverneur de la région, Viatcheslav Fedorichtchev, a indiqué sur la messagerie russe MAX que deux hommes avaient été tués lors d'une attaque de drones ukrainiens. Ces frappes visent à tarir les revenus pétroliers et gaziers qui financent l'effort de guerre du Kremlin, au moment où les États-Unis attendent des livraisons de diesel russe.
Dans le sud de l'Ukraine, la ville d'Olechky, sous occupation russe, a connu une évacuation inédite. Neuf ambulances et vingt-cinq bus ont quitté la localité en convoi vendredi. Cette opération a été rendue possible par un « cessez-le-feu humanitaire » annoncé par Melania Trump et en vigueur depuis mardi matin. Selon la médiatrice russe pour les droits humains, Iana Lantartova, le convoi s'est d'abord rendu à Armiansk, en Crimée annexée, où les personnes ont été réparties entre celles souhaitant rejoindre le territoire contrôlé par Kiev et celles voulant aller en Russie.
Les habitants, pris entre deux feux et entourés de routes minées, étaient isolés depuis le mois de mai 2026. Ni Moscou ni Kiev n'ont précisé le nombre exact de personnes évacuées. Selon les estimations ukrainiennes, environ 2 000 habitants restaient dans la ville, contre 24 000 avant l'invasion russe. Des évacuations ont également conduit certains civils vers la Russie puis le Bélarus.
Sur le plan diplomatique, la présence du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 à Atlanta a provoqué des remous. La traditionnelle photo de famille a été annulée, les Européens ne souhaitant pas poser aux côtés du diplomate, invité par les États-Unis. Le ministre allemand Johann Wadephul a expliqué à la presse qu'« il n'y a pas de retour à la normale avec la Russie », tout en estimant que le débat devait avoir lieu autour de la table, sans envoyer de signaux visuels trompeurs. Donald Trump a par ailleurs invité Vladimir Poutine au sommet du G20 prévu en décembre aux États-Unis, sans confirmation de sa venue à ce stade.
Sur le front médiatique, le journal indépendant Novaïa Gazeta, figure de la presse libre en Russie, a annoncé sa fermeture après trente ans d'existence. Son rédacteur en chef, Sergueï Sokolov, a affirmé dans une vidéo diffusée sur YouTube que « les autorités russes, les services spéciaux russes ont obligé la rédaction à mettre fin à son travail ».
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