La presse anglaise a été partagée entre admiration et amertume au lendemain de la victoire spectaculaire de l'Angleterre contre la France (6-4) samedi soir en petite finale de la Coupe du monde 2026. Si les tabloïds ont salué « un spectacle palpitant » et « une réaction attendue » de la part des Three Lions, beaucoup regrettent que cette équipe n'ait pas affiché le même visage lors de la défaite en finale face à l'Argentine, le 15 juillet dernier.

Le match de consolation, souvent considéré comme une formalité, a offert l'un des plus grands spectacles du tournoi avec pas moins de dix buts marqués. Menés 4-0 à la pause après une première période catastrophique, les Bleus de Didier Deschamps ont complètement transformé leur jeu au retour des vestiaires, réduisant l'écart à 4-3 avant que l'Angleterre ne reprenne le large. Cette rencontre restera comme la plus belle de la compétition, selon plusieurs observateurs, surpassant même la finale à venir entre l'Espagne et l'Argentine.

Les médias britanniques ont souligné la performance offensive de l'Angleterre, notamment la frappe de Declan Rice, abandonné par la défense française, et le but de Konsa sur corner. Mais c'est surtout le contraste entre cette démonstration et la prestation des Three Lions en finale qui alimente les critiques. « Où était cette Angleterre contre l'Argentine? », s'interrogent plusieurs titres de presse, estimant que l'équipe aurait pu prétendre au titre mondial si elle avait joué avec la même intensité et la même efficacité offensive lors du match décisif.

La déception est d'autant plus grande que l'Angleterre avait montré des signes de faiblesse en première période contre la France, encaissant quatre buts avant que Didier Deschamps n'opère des changements décisifs à la mi-temps. Le sélectionneur français a remplacé quatre joueurs, dont Cherki, Doué, Konaté et Théo Hernandez, pour faire entrer Barcola, Dembélé, Upamecano et Lucas Digne. Cette décision a complètement relancé les Bleus, qui ont inscrit trois buts en seconde période avant que l'Angleterre ne scelle définitivement le score.

« J'aurais pu en changer huit à la mi-temps, mais j'en ai déjà changé pas mal », a déclaré Deschamps après la rencontre. « C'est bien que l'équipe ait eu cette réaction. » Cette réaction française a failli faire basculer le match, mais l'Angleterre a su résister et finalement s'imposer, offrant à son public une dernière victoire dans ce Mondial américain. Pour les Three Lions, ce succès reste toutefois teinté d'amertume, car il ne compense pas l'échec en finale face à l'Argentine.

La presse anglaise a également noté que l'équipe de France, vice-championne du monde en titre, a montré un visage totalement différent entre les deux périodes. Après une première mi-temps qualifiée d'« amorphe » et de « honte nationale », les Bleus ont fait preuve d'un « orgueil » et d'une « combativité » qui ont impressionné les observateurs. Cette résurrection a été saluée comme un hommage à Didier Deschamps, qui disputait son dernier match à la tête de l'équipe de France après plusieurs années de succès.

Pour les supporters anglais, cette victoire est une consolation, mais elle ne dissipe pas les regrets. La question de savoir si l'Angleterre aurait pu être championne du monde si elle avait joué contre l'Argentine avec la même détermination qu'elle a montrée contre la France restera sans réponse. Les Three Lions quittent donc les États-Unis avec un trophée de bronze, mais avec le sentiment d'avoir laissé échapper une occasion en or de décrocher le titre suprême.

Ce match restera dans les mémoires comme l'un des plus spectaculaires de l'histoire de la Coupe du monde, avec un rythme effréné, des retournements de situation et une pluie de buts. Mais pour la presse britannique, il restera aussi comme un rappel douloureux de ce qui aurait pu être.