L’Espagne a décroché le titre de champion du monde de football à l’issue d’une finale haletante disputée dimanche au Metlife Stadium de New York. Face à une équipe d’Argentine jugée « détestable jusqu’au bout » par certains observateurs, la Roja a su imposer son jeu pour s’offrir un sacre mérité. Mais au-delà du résultat sportif, c’est l’irruption du président américain Donald Trump sur le podium qui a marqué les esprits.
Alors que les joueurs espagnols s’apprêtaient à soulever le trophée, Donald Trump s’est invité au milieu d’eux, avec la bénédiction du président de la FIFA Gianni Infantino. Un petit geste poli de Rodri, qui a écarté le président américain du moment fatidique, a été largement commenté. Cette intrusion n’est que le dernier épisode d’une longue série d’interventions de Trump dans cette Coupe du monde, depuis le fameux « prix de la paix » remis lors du tirage au sort jusqu’à une intervention pour annuler un carton rouge lors d’un match précédent.
Le président américain n’a pas manqué de s’attribuer une partie du succès de l’événement. Lors d’un bilan dressé samedi à New York avec Infantino, il a déclaré: « Cela a été un véritable honneur pour les Américains de faire découvrir notre magnifique pays au monde entier. » Une affirmation qui, si elle est difficilement contestable sur le fond, a été perçue comme une tentative de récupération politique par de nombreux commentateurs.
Au-delà des polémiques, cette Coupe du monde 2026 restera comme un mois de folie aux États-Unis. De Boston à Seattle, de Los Angeles à Dallas, les envoyés spéciaux ont été frappés par la gentillesse et le sens de l’accueil des Américains. « La vie d’envoyé spécial est souvent faite de longs moments de solitude, notamment lors des repas. Aux États-Unis, elle s’est transformée en de multiples occasions d’échanges où des gens, de tout âge et que vous ne reverrez plus jamais de votre vie, n’hésitent pas à venir taper la discute », témoigne un journaliste présent sur place.
Les clichés sur les États-Unis ont été à la fois confirmés et brisés. D’un côté, les reporters ont croisé des chasseurs de sangliers en hélicoptère, un homme se déplaçant avec un lama sur la banquette arrière, ou encore des cow-boys prêts à se blesser pour quelques dollars. De l’autre, ils ont rencontré un pasteur luttant contre la politique raciste de Donald Trump, des patrouilles combattant la police anti-immigration dans des villes comme Philadelphie ou Los Angeles, et des diasporas iranienne ou haïtienne se battant pour ceux restés au pays.
Le show de mi-temps de la finale a également été critiqué, jugé interminable et gênant par certains. Mais dans l’ensemble, l’organisation américaine a été saluée, même si la compétition a parfois donné l’impression d’être « le petit joujou » du président Trump. Les supporters argentins, quant à eux, ont été pointés du doigt pour leur comportement, certains n’hésitant pas à provoquer les Espagnols jusqu’au coup de sifflet final.
Cette Coupe du monde restera aussi marquée par la diversité des rencontres humaines. Un Franco-Tchèque croisé dans un restaurant de Waltham, près du centre d’entraînement des Bleus, a raconté sa vie entre la fuite du communisme, sa carrière dans le cirque en France et son arrivée aux États-Unis dans les années 1980. Des moments d’échanges précieux qui ont transformé ce Mondial en une expérience unique pour les envoyés spéciaux.
Au final, l’Espagne a remporté un titre amplement mérité, mais c’est bien l’ombre de Donald Trump qui a plané sur cette compétition. Entre récupération politique, polémiques et moments de grâce, cette Coupe du monde 2026 aura été à l’image de son hôte: démesurée, imprévisible et inoubliable.



