Actualités 4 min de lecture Par Pauline Delorme
Poutine dément préparer une mobilisation militaire en Russie
Lors du Forum économique oriental à Vladivostok, Vladimir Poutine a affirmé qu'aucun scénario ne nécessitait une mobilisation, contredisant les informations des services ukrainiens. Par ailleurs, Berlin ferme la Maison russe des sciences et de la culture, accusée de servir de plateforme aux espions russes, et Moscou menace de fermer les instituts Goethe en Russie.
Le président russe Vladimir Poutine a démenti, jeudi 3 septembre 2026, tout projet de mobilisation militaire en Russie, lors de son intervention au Forum économique oriental à Vladivostok. « À ce jour, il n’existe aucun scénario qui nécessiterait une mobilisation », a-t-il déclaré, assurant que les forces russes ne rencontrent aucun problème de recrutement. Ces propos contredisent directement les informations avancées en juillet par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui affirmait avoir reçu des « informations claires » de ses services de renseignement selon lesquelles la Russie préparait « pour l’automne une nouvelle vague de mobilisation ».
Vladimir Poutine a balayé ces allégations en les qualifiant d’« attaque informationnelle de la part de l’ennemi à la veille des élections à la Douma », faisant référence aux élections législatives prévues du 18 au 20 septembre. Cette mise au point intervient alors que le conflit en Ukraine entre dans son 1 653e jour. Le chef du Kremlin s’exprimait depuis Vladivostok, en Extrême-Orient russe, où il participait à une session plénière du Forum économique oriental, un rendez-vous annuel destiné à promouvoir les investissements dans la région.
Parallèlement, les tensions entre la Russie et l’Allemagne se sont accentuées. Mardi, Berlin a annoncé la fermeture de la Maison russe des sciences et de la culture, un bâtiment construit en 1984 dans l’ancien Berlin-Est, près de l’ambassade de Russie. Cette décision fait suite à la découverte, début août, d’un drone chargé d’explosifs sur l’aéroport de Leipzig. Le député conservateur Roderich Kiesewetter a affirmé sur la chaîne Welt TV que cet établissement servait de plateforme aux espions russes, évoquant plus de 100 personnes y vivant « sans que l’on sache qui elles sont » et une consommation d’électricité anormalement élevée.
En réaction, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé jeudi la fermeture des branches de l’Institut Goethe en Russie, présentes à Moscou, Saint-Pétersbourg et Ekaterinbourg. « Les Allemands ont ici des branches de l’Institut Goethe. À Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekaterinbourg. Bien sûr, elles seront fermées », a-t-il déclaré, en réponse à ce que Vladimir Poutine a qualifié d’« erreur grossière » de la part de Berlin.
Sur le plan diplomatique, le Premier ministre indien Narendra Modi a appelé, lundi, à « passer d’une guerre sans fin à la paix », lors d’un sommet au Kirghizistan, en présence de Vladimir Poutine. Ce jeudi, le chef de la diplomatie indienne était à Kiev, où Volodymyr Zelensky a salué l’engagement de New Delhi. « Nous sommes reconnaissants envers l’Inde pour son engagement à mettre fin à cette guerre injuste, la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine », a écrit le président ukrainien sur ses réseaux sociaux.
Enfin, le groupe énergétique public ukrainien Naftogaz réclame 4,22 milliards de dollars à la Russie en dédommagement d’actifs saisis lors de l’annexion de la Crimée en 2014. En vertu de cette dette, validée par les instances internationales, la Norvège a saisi mercredi le navire russe « Professor Molchanov » dans l’Arctique, provoquant la colère de Moscou. L’ambassade de Russie en Norvège a exigé « la libération immédiate du navire et que la sécurité des passagers et de l’équipage soit assurée ».




