Actualités 3 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Uber se retire du Nigeria et de l'Ouganda, des milliers de chauffeurs sans solution
La plateforme de VTC Uber cesse ses activités au Nigeria et en Ouganda avec effet immédiat, laissant des milliers de chauffeurs sans source de revenus et marquant un nouveau recul du groupe sur le continent africain.
La plateforme de réservation de voitures avec chauffeur Uber a annoncé son retrait du Nigeria et de l'Ouganda avec effet immédiat, une décision qui surprend les conducteurs et les utilisateurs de ces deux pays. Ce désengagement s'inscrit dans un mouvement plus large de repli du groupe américain sur le continent africain, où la concurrence locale s'est intensifiée ces dernières années.
Des milliers de chauffeurs partenaires se retrouvent du jour au lendemain sans nouvelle source de revenus, alors que la plateforme constituait pour beaucoup leur activité principale. Les usagers, eux, doivent désormais se tourner vers d'autres services de mobilité présents sur ces marchés, notamment des acteurs locaux qui ont gagné des parts de marché significatives.
Cette annonce intervient alors que le Nigeria représente l'une des plus grandes économies d'Afrique et un marché de la mobilité urbaine en pleine expansion, notamment à Lagos, la mégapole la plus peuplée du continent. Le retrait d'Uber y apparaît d'autant plus surprenant que la demande de transports à la demande y est soutenue par une population jeune et connectée.
Le contexte économique difficile, marqué par la dépréciation de la monnaie locale et une inflation élevée, a probablement pesé dans la balance. Les coûts opérationnels, combinés à la nécessité de maintenir des tarifs compétitifs face à des rivaux souvent mieux implantés, ont rendu l'équation économique de plus en plus difficile à tenir pour la firme californienne.
Ce départ du Nigeria et de l'Ouganda s'ajoute à une série de désengagements d'Uber sur le continent. Le groupe avait déjà quitté plusieurs pays d'Afrique de l'Est et d'Afrique australe ces dernières années, recentrant ses efforts sur un nombre plus restreint de marchés jugés prioritaires. Cette stratégie de concentration contraste avec l'expansion rapide des années 2010, lorsque la plateforme avait investi massivement pour s'implanter dans de nombreuses capitales africaines.
Pour les chauffeurs concernés, la situation est d'autant plus difficile qu'aucun plan de transition n'a été annoncé par la plateforme. Beaucoup avaient investi dans des véhicules spécifiquement pour travailler avec Uber, parfois en contractant des emprunts. Certains envisagent de rejoindre des concurrents locaux, mais tous ne pourront pas être absorbés par des plateformes dont la capacité d'accueil est limitée.
Les autorités nigérianes et ougandaises n'ont pas encore réagi officiellement à cette annonce. Il reste à voir si des mesures d'accompagnement seront mises en place pour les travailleurs affectés par cette décision, qui illustre la volatilité du secteur de l'économie des plateformes dans les pays émergents.




