Actualités 3 min de lecture Par Noémie Weber
Allemagne : un militant pour le climat recherché pour des sabotages sur le réseau électrique
La police allemande recherche un homme de 48 ans, présenté comme un militant de « l'extrémisme climatique », soupçonné d'avoir visé plusieurs installations électriques depuis mardi. Des lettres de revendication évoquant la lutte contre les combustibles fossiles ont été retrouvées.
La police allemande était toujours à la recherche, vendredi, d'un homme de 48 ans soupçonné d'avoir visé plusieurs installations électriques depuis mardi. Originaire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans l'ouest de l'Allemagne, le suspect aurait revendiqué ces actes et tentatives de sabotage dans deux lettres adressées aux forces de l'ordre et aux médias. Le gouvernement allemand le présente à ce stade comme un militant relevant de « l'extrémisme climatique ».
Lors d'une perquisition à son domicile, les enquêteurs ont découvert « des substances suspectes ou des objets suspectés d'être des explosifs », a indiqué Herbert Reul, ministre de l'Intérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Ces éléments sont toujours en cours d'analyse. L'enquête, ouverte pour « sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel », examine également « un possible motif d'extrémisme de gauche et un sabotage éventuellement téléguidé par un Etat étranger ».
Les lettres de revendication, considérées comme authentiques par les autorités, évoquent « la lutte contre les combustibles fossiles ». Le suspect, identifié par les médias comme Daniel V., y affirme : « Je ne m'attaque pas au pays, mais à l'industrie des matières premières fossiles, même si, pour certains responsables politiques, c'est la même chose ». Selon Herbert Reul, l'auteur a même indiqué son nom et son adresse, une démarche qu'il juge « très inhabituelle ».
Vendredi après-midi, selon Bild, le camion utilisé par le suspect dans sa fuite a été retrouvé dans un secteur lié à l'ancienne ZAD de la forêt de Hambach. Ce site avait été pendant plusieurs années un lieu de mobilisation contre l'exploitation du lignite et l'extension d'une mine à ciel ouvert. Les lettres mentionnent également d'autres cibles, notamment un poste électrique de Dormagen, où des objets suspects avaient été découverts jeudi soir à proximité d'un transformateur.
Le premier incident évoqué dans la revendication s'était produit mardi dans le Brandebourg, dans l'est de l'Allemagne, loin des autres sites concernés. Cette distance géographique laisse ouverte la question de possibles complicités. Les sabotages commis depuis mardi n'ont pas provoqué de coupure massive d'électricité, mais le fonctionnement de centrales électriques voisines a été brièvement perturbé.
Ces faits interviennent dans un contexte de surveillance accrue des infrastructures critiques allemandes. Le 3 janvier, un incendie criminel visant une installation électrique et revendiqué par le « Vulkangruppe » avait privé d'électricité plus de 100.000 personnes à Berlin. Les autorités allemandes restent parallèlement vigilantes face aux actes de sabotage et d'espionnage que Berlin attribue à Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine.




