Emmanuel Macron est arrivé lundi à Damas pour une visite de deux jours, la première d'un chef d'État français en Syrie depuis 2009. Le président français est accompagné d'une délégation d'une dizaine de dirigeants de grandes entreprises françaises, dont ceux de CMA-CGM et de TotalEnergies. Cette visite inédite intervient après la chute de Bachar al-Assad et l'arrivée au pouvoir fin 2024 d'une coalition islamiste dirigée par Ahmad al-Chareh, qui a exprimé le souhait de faire de la France son « premier partenaire ».

Le programme de la visite comprend un « forum économique consacré à la reconstruction de la Syrie et aux corridors stratégiques », où des signatures d'accords sont prévues. Les investisseurs se montrent encore timides, mais la présence de grands patrons français témoigne de l'intérêt économique pour un pays en pleine reconstruction après treize années de guerre civile. Le président Macron a dîné lundi soir avec son homologue syrien dans un restaurant du centre de Damas, avant de se rendre avec lui à la célèbre mosquée des Omeyyades.

Mardi matin, deux explosions ont été entendues à proximité de l'hôtel Four Seasons, où le président français avait passé la nuit. Selon le ministère syrien de l'Intérieur, le bilan s'élève à dix-huit blessés, dont quatre policiers. Les forces de sécurité ont découvert les bombes, qui ont explosé au moment où elles tentaient de les démanteler. Un premier engin avait été placé dans une benne à ordures, l'autre dans un véhicule à proximité de l'hôtel.

L'Élysée a confirmé qu'Emmanuel Macron était « sain et sauf ». Les deux explosions ont eu lieu après son départ pour le palais présidentiel, où il a été aperçu s'entretenant avec Ahmad al-Chareh. Plus tôt dans la matinée, le président français s'était réuni avec des représentants de la société civile dans l'hôtel. Ces derniers ont été emmenés par la sécurité au garage par mesure de précaution après les explosions, a indiqué l'un des participants.

Sur les lieux des attentats, des journalistes ont vu des traces de sang sur le trottoir et des fragments métalliques, près du luxueux hôtel Four Seasons. En face, des fenêtres du ministère du Tourisme ont été brisées. Les forces de sécurité, déployées en force, interdisent l'accès à la presse tandis que des ambulances se sont dirigées vers les lieux. Un témoin, cambiste de profession, a relaté avoir vu trois membres des forces de sécurité blessés étendus par terre.

La Syrie ne se laissera pas déstabiliser par les « actes terroristes », a déclaré une source du ministère syrien des Affaires étrangères. Le pays se dirige vers « l'élargissement de ses partenariats internationaux », a ajouté cette source, qui a requis l'anonymat, précisant que « toute tentative d'ébranler la sécurité ou le processus d'ouverture » n'aboutira pas. Cette déclaration intervient alors que la visite présidentielle française est perçue comme un signal fort de réouverture diplomatique.

Malgré cet incident, le chef de l'État devrait poursuivre normalement sa visite en Syrie, a confirmé l'Élysée. Cette visite historique marque un tournant dans les relations entre la France et la Syrie, après des années d'isolement diplomatique du régime de Bachar al-Assad. La présence d'Emmanuel Macron à Damas, accompagné de grands patrons français, souligne les enjeux économiques et géopolitiques de cette nouvelle page qui s'ouvre pour le pays.

La Syrie, après treize années de guerre dévastatrice, cherche à attirer des investissements étrangers pour reconstruire ses infrastructures et relancer son économie. La France, de son côté, entend jouer un rôle clé dans ce processus, tout en veillant à la sécurité et à la stabilité régionale. Les discussions devraient également porter sur les corridors stratégiques, notamment ceux reliant la Syrie à ses voisins, dans un contexte où l'influence régionale est âprement disputée.

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Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata Stream l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.