Culture 3 min de lecture Par Noémie Weber
Noël Godin, le célèbre « entarteur » belge, est mort à 80 ans
Le comique belge Noël Godin, connu pour avoir lancé des tartes à la crème sur des personnalités comme Bill Gates, Nicolas Sarkozy ou Marguerite Duras, est décédé dimanche 23 août à l'âge de 80 ans.
Le comique belge Noël Godin, célèbre pour ses « attentats pâtissiers » contre des personnalités jugées trop vaniteuses, est mort dimanche 23 août à l'âge de 80 ans. Sa compagne, Sylvie Broodthaers, a annoncé la nouvelle lundi à l'AFP. Surnommé Georges Le Gloupier, il avait fait de l'entartage une forme d'art subversif, inscrivant à son tableau de chasse des noms aussi prestigieux que Bill Gates, Nicolas Sarkozy, Marguerite Duras ou Bernard-Henri Lévy.
Né à Liège le 13 septembre 1945, Noël Godin était humoriste et journaliste de cinéma. Il avait découvert sa « vocation » grâce à l'écrivaine Marguerite Duras, sa première personnalité entartée. L'histoire avait d'abord été imaginée dans les colonnes d'une revue belge de cinéma, où il racontait que son double fictif, Georges Le Gloupier, avait attaqué le cinéaste Robert Bresson. Dans un autre numéro, il prétendait que Marguerite Duras avait décidé de venger Bresson en entartant Le Gloupier sur la terrasse du café Flore à Paris. Le 11 novembre 1969, à l'occasion d'une visite de Duras en Belgique, il était passé du faux au réel en lui envoyant une tarte à la crème à la figure.
Sa méthode était simple : repérer des personnalités qu'il estimait pompeuses ou arrogantes, puis les surprendre avec une tarte à la crème, souvent sous les caméras. Bill Gates, le fondateur de Microsoft, avait été entarté en 1998. Bernard-Henri Lévy, l'essayiste français, était une cible « privilégiée » : Noël Godin confiait en 2021, lors d'un entretien avec l'AFP, l'avoir entarté huit fois, sans compter les imitateurs à travers le monde. D'autres personnalités comme Patrick Poivre d'Arvor, Maurice Béjart ou Patrick Bruel ont également été victimes de ses assauts pâtissiers.
Noël Godin se définissait comme un farceur, un « guérillero des temps modernes contre la censure », un anticonformiste et un anarchiste. Il répétait volontiers sa devise : « Entartons les pompeux cornichons ». Ses actions, souvent filmées et photographiées, faisaient régulièrement la une des médias et lui valaient une notoriété internationale. Il se voyait comme un empêcheur de tourner en rond, utilisant l'humour et la provocation pour dégonfler les ego surdimensionnés.
En 2021, il avait confié son appréhension face à l'idée de disparaître : « À vrai dire quand il ne sera plus là, je serai désemparé ». Sa compagne et ses proches lui ont rendu hommage, saluant un homme qui aura marqué l'histoire de l'humour belge et français par ses actions spectaculaires et son engagement contre la suffisance des puissants.




