Mercredi, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté un projet de loi fixant le budget de la défense pour 2027 à plus de 1.150 milliards de dollars. Ce texte, connu sous le nom de National Defense Authorization Act (NDAA), a été approuvé par 216 voix contre 212, un résultat qui contraste avec les votes habituellement consensuels sur ce type de législation. Il prévoit environ 250 milliards de dollars de dépenses supplémentaires par rapport à l'année précédente, dans un contexte de reprise du conflit contre l'Iran.
Le projet de loi doit désormais être examiné par le Sénat, où son adoption pourrait s'avérer plus complexe en raison des tensions politiques. L'enveloppe budgétaire vise notamment à financer une augmentation de la solde des militaires comprise entre 5 % et 7 %, ainsi que le renforcement de plusieurs capacités militaires. Le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, a salué un texte qui « fournit à nos braves soldats une augmentation qui n'a que trop tardé, renforce notre dissuasion nucléaire et notre défense antimissiles, y compris avec la construction du Dôme d'or ». Les républicains estiment également que ce budget permettra de « réapprovisionner les stocks amoindris » d'armement.
Les démocrates ont vivement critiqué le contenu du texte. Le député Jerry Nadler a accusé Donald Trump et son ministre de la Défense, Pete Hegseth, de disposer de « 1.150 milliards de dollars pour leurs dépenses militaires hors de contrôle et pour leurs agissements irresponsables ». Selon lui, « le NDAA est un mauvais texte onéreux qui finance une guerre illégale et sape notre démocratie ». Ces critiques interviennent alors que les bombardements américains ont repris depuis onze jours en Iran, et que quatre nouveaux militaires américains ont été tués dans le conflit. Auditionné par le Sénat, Pete Hegseth a estimé à plus de 37 milliards de dollars les coûts de cette guerre, qui devient de plus en plus impopulaire auprès de l'opinion publique américaine.
Une autre source de tensions concerne l'intégration du « SAVE America Act », un texte soutenu par Donald Trump visant à restreindre les modalités de vote. L'opposition démocrate estime que cette disposition pourrait compliquer l'adoption du projet de loi au Sénat, où les républicains ne disposent que d'une majorité très étroite. Par ailleurs, le renforcement de la coopération entre les armées américaine et israélienne suscite également des critiques. La députée Alexandria Ocasio-Cortez considère que cette disposition constitue « une menace existentielle pour la souveraineté et la démocratie américaine ».
Le contexte géopolitique reste tendu. Le président américain Donald Trump a assuré plus tôt mercredi que Washington répliquerait à toutes les prochaines attaques de navires dans le détroit d'Ormuz en bombardant les ponts et les centrales électriques iraniennes. De son côté, l'Iran a menacé les États-Unis d'une riposte « puissante » en cas d'attaques sur ses infrastructures civiles. Ce budget de défense record intervient donc dans un climat de tensions accrues au Moyen-Orient, où la guerre entre les États-Unis et l'Iran s'intensifie. Les divisions politiques à Washington reflètent les interrogations croissantes sur la stratégie militaire américaine et ses conséquences économiques et humaines.



