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Les exportations de brut du Moyen-Orient retrouvent leur niveau d'avant-guerre

Les exportations de pétrole brut des pays du Moyen-Orient hors Iran ont dépassé la semaine dernière leur niveau d'avant-guerre, selon les données de suivi maritime, malgré les attaques dans le détroit d'Ormuz et les perturbations sur les oléoducs saoudiens.

Les exportations de brut du Moyen-Orient retrouvent leur niveau d'avant-guerre
Les exportations de pétrole brut revenues à leur niveau d'avant-guerre

Les exportations de pétrole brut des pays du Moyen-Orient, à l'exclusion de l'Iran, ont dépassé la semaine dernière leur niveau d'avant-guerre, selon les données de la société de suivi maritime Kpler. Plus de 18 millions de barils par jour ont été exportés malgré les attaques dans le détroit d'Ormuz, une partie croissante des flux passant désormais par la mer Rouge afin de contourner le blocage que tente d'imposer Téhéran sur ce point de passage stratégique.

La circulation des navires pétroliers a partiellement repris dans le détroit d'Ormuz et la péninsule arabique a réorganisé ses flux de pétrole, via l'oléoduc saoudien est-ouest ou celui vers Fujairah, sur le golfe d'Oman. Cette réorganisation logistique a permis aux approvisionnements de mieux résister que redouté, alors que le conflit au Moyen-Orient reste toujours sans perspective d'apaisement.

Sur les marchés, cette résistance des flux et l'arrivée attendue de barils issus des réserves stratégiques ont pesé sur les prix. Le Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a cédé 1,89 %, à 100,32 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate américain pour novembre a reculé de 1,84 %, à 89,43 dollars. Les membres du G7 se sont engagés en fin de semaine dernière à libérer 100 millions de barils de pétrole brut et de gazole de leurs réserves stratégiques.

La situation reste toutefois fragile. En Arabie saoudite, le transport de pétrole par l'oléoduc Est-Ouest a de nouveau été interrompu après une attaque dimanche dans l'est du royaume revendiquée par les Houthis du Yémen, selon une source du secteur énergétique. Cette infrastructure permet d'acheminer le brut des champs de l'est saoudien vers la mer Rouge en évitant le détroit d'Ormuz. Elle avait déjà été arrêtée du 11 au 22 septembre après des frappes lancées depuis l'Irak, selon Riyad.

Les experts d'Eurasia Group préviennent qu'il existe un risque important de nouvelle escalade tant de la part de l'Iran que des États-Unis, ce qui pourrait rapidement entraîner de nouvelles flambées des prix. « De nouvelles perturbations des flux régionaux dues à des attaques contre les infrastructures pétrolières saoudiennes et aux tentatives persistantes de l'Iran de contrôler le détroit d'Ormuz maintiendront les prix à un niveau élevé », estiment-ils.

Les relations entre Washington et Téhéran restent tendues, plus de sept mois après les premières frappes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran. Négocier avec les États-Unis n'a « aucun sens », a déclaré lundi le président iranien Massoud Pezeshkian, selon la télévision d'État Irib. Les pourparlers entre les deux pays apparaissent toujours dans l'impasse, tandis que les risques de perturbations de la production et du transport de pétrole demeurent.

Autre source d'inquiétude, le patron du géant saoudien Aramco, Amin Nasser, a jugé lundi à Londres les réserves mondiales de pétrole « dangereusement faibles ». Par ailleurs, le ministre du pétrole iranien a démissionné, ajoutant une incertitude supplémentaire sur la scène énergétique régionale. La Chine, de son côté, recommence à acheter du pétrole pour reconstituer ses stocks, ce qui pourrait soutenir la demande mondiale.

Malgré la baisse des cours lundi, les tensions persistent sur les produits raffinés. Les prix à la pompe ne baissent pas, créant un décalage entre l'évolution des cours du brut et celle des carburants à la consommation. Cette situation s'explique notamment par les perturbations qui continuent d'affecter les infrastructures pétrolières et par les incertitudes entourant l'approvisionnement futur.

Les marchés restent donc suspendus à l'évolution du conflit et aux décisions des grands producteurs. Si la libération des réserves stratégiques du G7 offre un répit temporaire, elle ne résout pas les causes structurelles des tensions. La reprise des exportations à leur niveau d'avant-guerre constitue néanmoins un signal positif pour l'approvisionnement mondial, même si la prudence reste de mise face aux risques d'escalade.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.