Économie 3 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Shein, Temu et AliExpress voient chuter le nombre de petits colis livrés en France
Depuis les premières taxes européennes instaurées en juillet, le volume de petits colis issus des plateformes asiatiques diminue en France, tandis que de nouveaux frais entreront en vigueur le 1er novembre.
Le volume de petits colis issus des grandes plateformes de commerce en ligne asiatiques recule nettement en France. Depuis l’entrée en vigueur des premières taxes imposées par l’Union européenne en juillet, la fréquentation de sites comme Shein, Temu ou AliExpress a baissé sur le territoire national, selon les constats rapportés par les médias spécialisés.
Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie de régulation plus large visant les envois à faible valeur en provenance de Chine. Le gouvernement français s’est réjoui de « résultats tangibles » dans la lutte contre les dérives de ces plateformes asiatiques. Il a annoncé une baisse drastique des volumes de petits colis chinois à destination de la France, un signal que les pouvoirs publics présentent comme la preuve que les mesures prises commencent à produire leurs effets.
Ce changement intervient après un épisode qui avait fortement marqué l’opinion publique. Un an plus tôt, le scandale des poupées pédopornographiques vendues sur Shein avait suscité une vive réaction des autorités et renforcé la pression sur ces acteurs du commerce en ligne. Depuis, les pouvoirs publics ont multiplié les initiatives pour encadrer des envois qui échappaient jusqu’ici en partie aux contrôles fiscaux et douaniers. La fréquentation de ces plateformes, longtemps tirée par des prix très bas, a donc été ébranlée à la fois par la fiscalité et par la montée des exigences de transparence.
Une nouvelle étape est attendue à partir du 1er novembre, date à laquelle d’autres frais s’ajouteront encore aux petits colis. Ces prélèvements devraient à nouveau peser sur le prix final payé par les consommateurs français, sans que l’on connaisse à ce stade l’ampleur précise de l’impact sur les volumes. La combinaison des taxes déjà en place et de celles qui arrivent pourrait prolonger la tendance observée depuis l’été.
Le sujet nourrit aussi un débat public sur l’équilibre entre protection du consommateur et accès à des produits bon marché. Les partisans de ces taxes y voient un moyen de rééquilibrer la concurrence avec le commerce national et d’assurer un meilleur contrôle de la sécurité des produits. D’autres s’inquiètent d’un renchérissement des achats pour les ménages aux revenus modestes. C’est précisément cette question que pose aujourd’hui la rédaction à ses lecteurs : les taxes sur les petits colis leur semblent-elles pertinentes ?
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