Alors que le mégafeu en Gironde est désormais stabilisé et que le débat sur les moyens alloués aux sapeurs-pompiers s'intensifie, Sophie Borderie, présidente du conseil départemental de Lot-et-Garonne, a pris position en faveur d'une augmentation de la taxe sur les contrats d'assurance (TSCA). Selon elle, cette mesure représente « la solution la plus équitable » pour mieux financer les services d'incendie et de secours, fortement sollicités lors des feux de forêt de grande ampleur.

Le mégafeu, qui a parcouru environ 42 000 hectares en Gironde, a contraint à l'évacuation de près de 220 000 personnes. Jeudi matin, les autorités ont indiqué que l'incendie était « toujours stabilisé » et que des conditions météorologiques plus favorables permettaient d'envisager un prochain retour à la normale. Cependant, la mobilisation reste considérable: 3 300 sapeurs-pompiers, 1 500 militaires, 1 250 policiers et gendarmes ainsi que 24 moyens aériens sont toujours déployés. Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a souligné que « les moyens restent à un niveau très élevé » dans le département.

C'est dans ce contexte que Sophie Borderie relance le débat sur le financement pérenne des pompiers. La TSCA est actuellement prélevée sur les contrats d'assurance, notamment ceux couvrant les habitations et les véhicules. Elle est affectée pour partie aux départements, qui financent les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS). La présidente du Lot-et-Garonne propose d'en relever le taux, ce qui augmenterait les ressources disponibles sans peser directement sur les contribuables via l'impôt. Elle juge cette piste plus juste qu'une hausse généralisée des impôts locaux ou qu'un recours accru à l'emprunt.

Les SDIS font face à des dépenses croissantes liées à l'augmentation du nombre d'interventions — feux de forêt, accidents de la route, secours à personne — et au renouvellement des équipements. Le mégafeu de Gironde a mis en évidence la nécessité de disposer de moyens aériens supplémentaires et de personnels spécialisés. Plusieurs élus locaux et représentants des pompiers appellent à un effort national pour éviter que les départements les plus exposés ne soient dépassés. La proposition de Sophie Borderie s'inscrit dans cette réflexion.

Le débat n'est pas nouveau. La TSCA a déjà été augmentée à plusieurs reprises ces dernières années, mais une partie de son produit est affectée au budget général de l'État. Les départements réclament une affectation intégrale de la taxe aux SDIS, ce qui permettrait de dégager des marges de manœuvre. En 2025, la mission d'information sur le financement des pompiers au Sénat avait recommandé une refonte du système, jugé insuffisant face aux défis climatiques. L'été 2026, marqué par des incendies d'une rare intensité dans le Sud-Ouest, relance l'urgence d'une réforme.

En Gironde, les pompiers se disent « raisonnablement optimistes » après une nuit calme. Toutefois, ils mettent en garde: « Le feu va continuer à couver pendant des mois en sous-sol ». Les reprises de foyer restent possibles et nécessitent une surveillance constante. La question du financement des moyens humains et matériels demeure donc cruciale pour l'ensemble des départements français, de plus en plus confrontés à des feux de forêt hors normes.

Sophie Borderie espère que sa proposition sera examinée dans le cadre des discussions à venir entre l'État et les collectivités territoriales. Elle insiste sur la nécessité d'une solution équitable, qui ne pénalise pas davantage les ménages les plus modestes ni les départements ruraux. « L'augmentation de la TSCA répartit l'effort sur l'ensemble des assurés, ce qui est plus juste qu'une taxe locale qui frapperait seulement les habitants d'une zone sinistrée », a-t-elle expliqué. Le débat promet d'être animé lors de la prochaine conférence nationale des SDIS.