Économie 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Volkswagen approuve une restructuration historique avec 100 000 suppressions de postes d'ici 2030
Le conseil de surveillance de Volkswagen a validé à l'unanimité un plan de restructuration prévoyant 100 000 suppressions d'emplois dans le monde d'ici 2030, soit environ 15 % des effectifs du groupe, face à la faiblesse de la demande et à la concurrence chinoise.
Le conseil de surveillance du constructeur automobile allemand Volkswagen a approuvé à l'unanimité, jeudi 3 septembre, un plan de restructuration d'une ampleur inédite pour le groupe. Ce plan, baptisé « Plan d'avenir 2030 », prévoit la suppression de 100 000 postes dans le monde d'ici la fin de la décennie, soit environ 15 % des effectifs totaux de l'entreprise.
Cette décision s'ajoute aux 50 000 suppressions d'emplois déjà actées en Allemagne depuis 2024. Le nouveau volet du plan ajoute 50 000 suppressions supplémentaires, portant le total à un niveau jamais atteint dans l'histoire du constructeur. La restructuration vise principalement à répondre à la faiblesse persistante de la demande automobile et à la concurrence accrue des marques chinoises sur le marché mondial.
Quatre usines allemandes, dont celles d'Emden et de Zwickau, sont particulièrement dans le viseur de la direction, même si leur sort n'est pas encore définitivement tranché. Ces sites pourraient être concernés par des fermetures ou des réductions significatives de leur activité, selon les modalités qui restent à préciser dans les prochains mois.
Le plan a été validé à l'unanimité par les membres du conseil de surveillance, une étape jugée cruciale pour la mise en œuvre de la stratégie de redressement du groupe. Volkswagen, premier constructeur européen, traverse une période de turbulences marquée par la transition vers l'électrique, la hausse des coûts de production et l'érosion de ses parts de marché, notamment en Chine où les constructeurs locaux gagnent du terrain.
Les syndicats, qui avaient été associés aux négociations, n'ont pas obtenu de garanties sur le maintien de l'ensemble des sites de production. Les discussions devraient se poursuivre dans les semaines à venir pour déterminer le sort précis des usines menacées et les conditions sociales accompagnant les départs.
Cette restructuration s'inscrit dans un contexte plus large de mutation du secteur automobile européen, confronté à la fois à la transition énergétique, aux nouvelles attentes des consommateurs et à une compétition internationale de plus en plus vive. Le groupe Volkswagen, qui emploie environ 670 000 personnes dans le monde, devra également composer avec les conséquences sociales de ce plan dans plusieurs régions d'Allemagne, où l'industrie automobile représente un pilier économique majeur.
La direction du groupe n'a pas communiqué dans l'immédiat sur le détail des mesures d'accompagnement ni sur le calendrier précis des suppressions de postes. Les prochaines étapes de la mise en œuvre du « Plan d'avenir 2030 » seront suivies de près par les observateurs du secteur, alors que l'ensemble de l'industrie automobile européenne cherche sa voie face aux défis de la décennie.




