Économie 4 min de lecture Par Noémie Weber
La compagnie Velvet obtient sa licence pour concurrencer la SNCF sur les lignes à grande vitesse de l'Ouest
L'entreprise ferroviaire privée Velvet a annoncé mardi avoir obtenu sa licence d'exploitation sur le réseau français. Elle prévoit de lancer des trains à grande vitesse entre Paris et Bordeaux, Nantes, Angers et Rennes à partir de 2028, avec une flotte de 12 trains Avelia Horizon commandés à Alstom.
L'entreprise ferroviaire privée Velvet a annoncé mardi avoir obtenu sa licence d'exploitation sur le réseau ferroviaire français, une étape clé qui lui permettra de concurrencer la SNCF sur quatre destinations à grande vitesse dans l'Ouest à partir de 2028. La société, dirigée par Rachel Picard, ancienne cadre dirigeante de la SNCF, prévoit de desservir Paris-Bordeaux, Paris-Nantes, Paris-Angers et Paris-Rennes.
Cette licence, délivrée par le ministère des Transports, constitue l'une des deux autorisations obligatoires pour exercer une activité de transport ferroviaire en France. Elle atteste que l'entreprise remplit les conditions juridiques et financières nécessaires pour lancer des services de trains de voyageurs en exploitation commerciale. Pour faire circuler ses trains, Velvet devra également obtenir un Certificat de Sécurité Unique (CSU), qui garantit que l'entreprise maîtrise les risques et son système de gestion de la sécurité.
« Ce premier sésame réglementaire permet à la compagnie d'entrer réellement dans la préparation de ses futures circulations, notamment en commandant des sillons, les droits de passage à heure précise, auprès de SNCF Réseau, le gestionnaire des infrastructures », a indiqué Velvet dans son annonce. La présidente de la compagnie, Rachel Picard, a souligné l'importance de cette étape : « La licence est une étape importante : elle nous autorise à aller plus loin dans la préparation de nos trains, de nos équipes et de nos procédures ».
Pour mener à bien ce projet, Rachel Picard et son associé ont levé un milliard d'euros auprès du fonds d'investissement français Antin Infrastructure Partners. Sur cette somme, 850 millions d'euros ont été consacrés à l'acquisition de 12 trains Avelia Horizon de dernière génération, commandés au constructeur Alstom. Ces rames sont les mêmes que celles que la SNCF doit mettre en service à cette rentrée, et leur production est assurée notamment dans l'usine Alstom d'Aytré, en Charente-Maritime.
Malgré l'ouverture formelle du marché ferroviaire européen à la concurrence, la SNCF continue d'exploiter l'essentiel du réseau à grande vitesse français. Depuis fin 2021, elle a toutefois vu arriver face à elle l'entreprise italienne Trenitalia, qui dessert Paris-Lyon, Paris-Marseille et Paris-Milan, et prévoit de lancer des services transmanche Paris-Londres d'ici 2030. Le britannique Virgin s'est également positionné sur le marché français.
D'autres projets sont annoncés, portés notamment par la société Le Train, basée à Bordeaux, ou par Kevin Speed, qui ambitionne de lancer un train à grande vitesse omnibus, une sorte de « RER à 300 km/h » s'arrêtant dans chaque ville, avec pour objectif de desservir Lille, Strasbourg et Lyon ainsi que les gares intermédiaires. L'arrivée de Velvet sur les lignes de l'Ouest marque une nouvelle étape dans la libéralisation du transport ferroviaire français, avec des conséquences attendues sur les prix et l'offre pour les usagers.




