Politique 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Édouard Balladur, ancien Premier ministre, est mort à 97 ans
L'ancien Premier ministre Édouard Balladur est décédé lundi à Paris à l'âge de 97 ans. Figure de la droite française et dernier chef du gouvernement de François Mitterrand, il a suscité une vague d'hommages politiques, d'Emmanuel Macron à Marine Le Pen.
L'ancien Premier ministre Édouard Balladur est mort lundi à Paris à l'âge de 97 ans, a annoncé sa famille. Figure majeure de la droite française et dernier chef du gouvernement de François Mitterrand, il laisse derrière lui une carrière politique marquée par la cohabitation et une rivalité historique avec Jacques Chirac. Une messe sera célébrée « dans la stricte intimité familiale », selon ses proches, qui n'ont pas donné davantage de précisions.
À Matignon de mars 1993 à mai 1995, Édouard Balladur fut le dernier Premier ministre de François Mitterrand. Longtemps considéré comme « l'ami de trente ans » de Jacques Chirac, il devint son rival lors de l'élection présidentielle de 1995. Éliminé au premier tour, il prononça le 23 avril 1995 une phrase restée célèbre face à ses soutiens mécontents : « Je vous demande de vous arrêter ! »
Emmanuel Macron a rendu hommage à un responsable politique qui « avait la France au cœur ». « Il en fut le serviteur exigeant, mesuré, dévoué », a écrit le président de la République sur X. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a de son côté salué « l'esprit réformateur » d'un homme qui « restera une référence pour beaucoup d'hommes et de femmes de sa famille politique ».
Nicolas Sarkozy, qui fut son ministre du Budget entre 1993 et 1995 et l'un de ses principaux soutiens pendant la campagne présidentielle, a évoqué « un homme qui fut pour moi un exemple, un mentor et un ami ». L'ancien chef de l'État a ajouté : « Je n'aurais pas eu la carrière politique qui fut la mienne sans sa confiance et sans son amitié », avant de déclarer : « Je pleure ce soir la perte de l'un des hommes qui aura le plus compté dans ma vie ».
La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a estimé qu'Édouard Balladur « avait une haute idée de nos institutions et de la responsabilité de ceux qui les servent ». Gérard Larcher, président du Sénat, a salué « un grand homme d'État » ayant incarné « une certaine idée de l'autorité de l'État, de la rigueur budgétaire et de la responsabilité politique ». Patron des LR, Bruno Retailleau a également rendu hommage à l'un de ces responsables « qui se font une noble idée de la France ». « Je garde en mémoire un grand homme d'État qui aurait redressé la nation », a de son côté écrit Éric Ciotti dans un message sur X. « Édouard Balladur c'était le sens de l'État », a pour sa part déclaré François Bayrou.
Marine Le Pen a enfin salué, « au-delà des désaccords politiques », une personnalité « qui aura porté avec constance ses convictions et sa conception du service de la République » et « toujours su faire preuve d'un respect du débat démocratique ». Dans un communiqué, le Parti socialiste a rappelé qu'« Édouard Balladur porta une conception libérale de l'économie et conduisit des réformes que la gauche combattit avec détermination », tout en estimant que ces désaccords « n'empêchent pas de reconnaître le serviteur de l'État, l'homme de convictions et le républicain qu'il fut ».
Cette figure de la Ve République, artisan de la cohabitation sous la présidence de François Mitterrand, avait consacré sa vie à l'État. Député de Paris, ministre puis Premier ministre, ce fidèle du président Georges Pompidou, qu'il accompagna durant son mandat, a marqué durablement la vie politique française avant de s'éteindre lundi à 97 ans.




