Politique 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Budget 2027 : pas de hausse d'impôts mais des coupes dans certains ministères
Le gouvernement de Sébastien Lecornu prépare un budget 2027 « réversible », sans hausse d'impôts, avec un déficit qui ne devra pas dépasser celui de 2025. Les ministères régaliens seront préservés, tandis que l'agriculture, la santé et le travail subiront des baisses. La question des arrêts maladie et de la surtaxe des grandes entreprises est sur la table.
Le gouvernement français s'attelle à la préparation du budget 2027, un exercice décrit comme une « mission impossible » par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Réunis en séminaire de rentrée à l'Élysée ce lundi, les ministres doivent arbitrer entre la nécessité de redresser des comptes publics dégradés et la proximité de l'élection présidentielle, prévue dans moins de huit mois.
Le contexte budgétaire est tendu. Après une légère réduction du déficit à 5,1 % en 2025, les six premiers mois de 2026 ont vu les dépenses repartir à la hausse. Le déficit budgétaire s'est creusé de plus de six milliards d'euros pour atteindre 106,8 milliards d'euros. Face à cette situation, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a indiqué vendredi que le déficit pour 2027 ne pourrait pas être « pire que celui de 2025 ». La flambée des taux d'intérêt aggrave par ailleurs le poids de la dette.
Pour contourner les difficultés politiques, Sébastien Lecornu a promis un budget « réversible », qui pourra être modifié par la future majorité issue de la présidentielle. Dans une interview au Parisien, il a évoqué un budget « sans grande réforme », mais comportant des mesures « difficiles » sans être « brutales ». La principale ligne rouge est l'absence de hausse d'impôts par rapport à 2026. « Il y a une présidentielle, ce n'est pas à ce gouvernement de toucher aux grands leviers fiscaux », a-t-il justifié.
Les arbitrages budgétaires privilégient les ministères régaliens. La Défense bénéficiera de six milliards d'euros supplémentaires, dans un contexte international marqué par les conflits. La Justice, l'Intérieur et l'Éducation sont également préservés et recevront des crédits additionnels. L'Écologie, après un été de canicule et de sécheresse, obtiendra un milliard d'euros de plus. La recherche et le logement sont aussi épargnés. En revanche, l'agriculture, la santé et le travail devraient subir des baisses de leurs crédits.
Parmi les pistes d'économies, le gouvernement souhaite s'attaquer aux « abus » des arrêts maladie. Les indemnités journalières ont coûté plus de douze milliards d'euros l'an passé. Sébastien Lecornu a déclaré vouloir « lancer une vraie réforme avec les partenaires sociaux », estimant que « trop d'abus abîme l'accompagnement des arrêts de travail de ceux qui sont vraiment malades ». Les mesures concrètes ne sont pas encore connues.
Le gouvernement a par ailleurs exclu un gel du Revenu de solidarité active (RSA) et ne souhaite pas toucher aux « petites retraites ». Il étudie en revanche une moindre revalorisation des pensions des retraités les plus aisés, ainsi que le déremboursement de certains médicaments dont le bénéfice thérapeutique « est faible », selon le Premier ministre.
La question de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises reste ouverte. Alors que TotalEnergies affiche des bénéfices records, l'opinion publique et plusieurs ministres seraient favorables à sa reconduction. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, s'y oppose toutefois, estimant qu'une reconduction à l'identique « enverrait un très mauvais signal aux investisseurs internationaux ». Le débat promet d'être vif dans les prochaines semaines.




