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mercredi 2 septembre 2026 · Paris

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Fibre Excellence : Carole Delga demande une nationalisation temporaire de l'usine de Saint-Gaudens

La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, demande à l'État de nationaliser temporairement l'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, menacée de fermeture, et réclame 15 millions d'euros pour financer un projet de reprise évalué à 91 millions d'euros.

Fibre Excellence : Carole Delga demande une nationalisation temporaire de l'usine de Saint-Gaudens
Fibre Excellence : la région Occitanie demande une «nationalisation temporaire» de l'usine de pâte à papier

La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a demandé ce mercredi 2 septembre une « nationalisation temporaire » de l'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Face au risque de fermeture du site, dernier producteur français de pâte à papier, elle réclame à l'État un financement de 15 millions d'euros pour soutenir un projet de reprise évalué à 91 millions d'euros. Selon elle, cette intervention est « absolument indispensable » pour sauver les 270 emplois directs du site et préserver une filière industrielle stratégique pour le territoire.

La demande intervient alors que le tribunal de commerce de Toulouse doit examiner, le 8 septembre 2026, l'offre de reprise déposée par la région Occitanie via son Agence régionale des investissements. Cette offre a été officiellement enregistrée lundi 24 août. Carole Delga estime que la nationalisation temporaire permettrait de « se donner du temps » pour trouver un nouvel investisseur privé capable de reprendre l'activité dans des conditions pérennes. « Nous avons besoin de quatre mois de plus », a-t-elle précisé, soulignant la nécessité de sécuriser l'avenir du site au-delà de la seule procédure judiciaire en cours.

La présidente de région a indiqué que la collectivité était prête à engager 13 millions d'euros sur ses fonds propres dans le cadre de ce plan de sauvetage. Elle demande désormais à l'État de compléter ce financement à hauteur de 15 millions d'euros, portant ainsi l'enveloppe publique mobilisable à 28 millions d'euros. Le projet global de reprise, qui comprend la modernisation des installations et le maintien de l'outil de production, est chiffré à 91 millions d'euros. Carole Delga a insisté sur le fait que cette « prise de participation de l'État » relève « de la compétence du président de la République », appelant l'exécutif à se saisir rapidement du dossier.

L'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, spécialisée dans la fabrication de pâte à papier à partir de bois résineux, est confrontée à de graves difficultés économiques depuis plusieurs mois. La hausse des coûts de l'énergie et des matières premières, conjuguée à la concurrence internationale, a fragilisé l'exploitation du site. Placée en procédure de redressement, l'entreprise attend désormais la décision du tribunal de commerce, qui devra trancher entre les différentes options de reprise. La mobilisation des élus locaux et des salariés s'intensifie à l'approche de l'audience, tandis que la région Occitanie tente de convaincre l'État de s'engager financièrement pour éviter la disparition du dernier papetier français.

Cette demande de nationalisation temporaire, bien que rare dans le paysage industriel français, n'est pas sans précédent. Elle s'inscrit dans un contexte où les pouvoirs publics ont déjà été amenés à intervenir pour sauver des sites industriels stratégiques menacés de fermeture. Pour Carole Delga, l'enjeu dépasse le simple maintien de l'emploi local : il s'agit de préserver une filière industrielle souveraine dans un secteur où la France dépend largement des importations. La décision du tribunal de commerce de Toulouse, attendue dans les prochains jours, sera déterminante pour l'avenir du site de Saint-Gaudens et de ses 270 salariés.

Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.