Udata

samedi 5 septembre 2026 · Paris

Rechercher

Politique 3 min de lecture Par

Allemagne : Ulrich Siegmund, candidat AfD aux régionales en Saxe-Anhalt, crédité de 42 % des intentions de vote

À la veille des élections régionales en Saxe-Anhalt, le candidat de l'AfD Ulrich Siegmund, 35 ans, pourrait devenir le premier dirigeant d'un gouvernement régional d'extrême droite en Allemagne depuis 1945. Populaire sur les réseaux sociaux, il incarne une mouvance radicale du parti, nostalgique de la RDA.

Allemagne : Ulrich Siegmund, candidat AfD aux régionales en Saxe-Anhalt, crédité de 42 % des intentions de vote
Allemagne : Jeune, radical, « dangereux », nostalgique de la RDA, qui est Ulrich Siegmund, candidat AfD aux régionales ?

Ulrich Siegmund, candidat du parti d'extrême droite AfD (Alternative pour l'Allemagne) aux élections régionales de Saxe-Anhalt, est crédité de 42 % des intentions de vote à la veille du scrutin du dimanche 6 septembre. Si cette dynamique se confirme, il pourrait devenir le premier dirigeant d'un gouvernement régional d'extrême droite en Allemagne depuis l'après-guerre, une première dans l'histoire du pays.

Agé de 35 ans, marié et père d'une petite fille, Ulrich Siegmund a rejoint l'AfD en 2014. Ancien entrepreneur dans les parfums d'ambiance, il a su séduire les électeurs lors de meetings familiaux, proposant châteaux gonflables et saucisses grillées. Sa popularité repose aussi sur une présence massive sur les réseaux sociaux, où il cumulerait 1,1 million de fans et d'abonnés. Selon Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l'extrême droite, cette stratégie numérique compense la défiance envers les médias traditionnels, perçus comme des « organes du pouvoir ».

Ulrich Siegmund est affilié à la mouvance la plus radicale de l'AfD, connue sous le nom de « Der Flügel » (l'aile). Cette branche, qui prône une conception ethnique de la nation, avait été placée sous surveillance par les autorités allemandes, la Constitution interdisant de tels principes. Bien que sommée de se mettre en sommeil, elle ne l'a pas fait, souligne le politologue. Ce courant entretient des liens forts avec la Russie, un positionnement sensible dans un contexte de tensions entre Berlin et Moscou.

Le candidat surfe également sur une nostalgie de l'ancienne RDA, cultivant le sentiment que les Allemands de l'Est restent des citoyens de seconde zone. Né en 1990, l'année de la réunification, il n'a pas connu personnellement le régime communiste, mais il en a hérité à travers sa famille. Selon Jean-Yves Camus, l'AfD envisage un État allemand qui combinerait l'organisation sociale de la RDA avec une économie de marché, tout en rejetant les « partis du système ».

Cette nostalgie s'accompagne d'une volonté de réécrire l'histoire. Le politologue rappelle que la RDA n'avait pas été dénazifiée et que de nombreux cadres est-allemands, y compris militaires et membres du parti communiste, avaient été des cadres intermédiaires du parti nazi. Officiellement, le régime prônait l'amitié entre les peuples, mais il ne tolérait pas d'étrangers sur son sol, à l'exception de quelques étudiants chinois et vietnamiens.

En cas de victoire, Ulrich Siegmund pourrait former le premier gouvernement régional d'extrême droite de l'après-guerre, si une crise entre les deux principaux partis fédéraux, la CSU et le SPD, l'y autorisait. Ce scénario, jugé infréquentable par le Rassemblement national lui-même, marquerait une rupture dans l'histoire politique allemande. L'AfD s'ancre durablement dans l'Est du pays, posant la question de la réussite de la réunification.

Noémie Weber

Auteur

Journaliste société

Noémie Weber couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.