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Guillaume Faury, président d’Airbus, détaille la feuille de route de l’avionneur face à la concurrence et au climat

Dans un entretien accordé à la presse quotidienne régionale, le président exécutif d’Airbus, Guillaume Faury, évoque les défis écologiques, concurrentiels et technologiques de l’avionneur européen. Il confirme notamment le lancement du successeur de l’A320neo pour 2030.

Guillaume Faury, président d’Airbus, détaille la feuille de route de l’avionneur face à la concurrence et au climat
Guillaume Faury

Airbus a pris une longueur d’avance sur son rival américain Boeing, mais l’avionneur européen doit désormais composer avec des défis multiples, qu’ils soient écologiques, concurrentiels ou technologiques. Son président exécutif, Guillaume Faury, a détaillé la stratégie du groupe lors d’un entretien accordé à la presse quotidienne régionale, tenu jeudi 3 septembre 2026 au siège de l’entreprise à Toulouse.

Interrogé sur l’avenir de la gamme monocouloir, Guillaume Faury a annoncé que le successeur de l’A320neo, l’appareil le plus vendu de l’histoire de l’avionneur, serait lancé en 2030. Cette échéance marque une étape décisive pour le groupe européen, qui doit préparer la transition vers une nouvelle génération d’appareils plus sobres en carburant, alors que la pression réglementaire et sociétale sur les émissions du transport aérien s’intensifie.

Le dirigeant normand a également été interrogé sur la concurrence, un sujet sensible après des années de turbulences chez Boeing. Si Airbus a su capitaliser sur les difficultés de son concurrent, la compétition reste vive, notamment sur le segment des long-courriers et face aux ambitions des constructeurs chinois. Guillaume Faury a rappelé que la solidité du carnet de commandes ne devait pas conduire à l’immobilisme, l’innovation et la maîtrise industrielle étant les clés de la compétitivité future.

La défense constitue un autre axe stratégique pour le groupe, qui cherche à renforcer son pôle militaire face à la montée des tensions géopolitiques et à la nécessité pour l’Europe d’accroître son autonomie dans ce domaine. Le président exécutif a souligné l’importance de la coopération européenne dans les programmes d’armement, tout en insistant sur la nécessité d’investir dans les technologies de rupture pour préserver la souveraineté du continent.

Sur le volet climatique, Guillaume Faury a réaffirmé l’engagement d’Airbus en faveur de la décarbonation du secteur aérien. L’avionneur explore plusieurs pistes, allant des carburants durables aux concepts d’appareils à hydrogène, dont le développement reste toutefois conditionné à des avancées technologiques et à la mise en place d’infrastructures adaptées. Le dirigeant a reconnu que le chemin serait long et que l’industrie devrait faire preuve de réalisme quant aux délais de déploiement de ces solutions.

Cet entretien intervient dans un contexte de forte reprise du trafic aérien mondial, qui a permis à Airbus d’afficher des résultats financiers solides et de conforter sa position de leader sur le marché des avions commerciaux. Le groupe doit néanmoins gérer des chaînes d’approvisionnement encore fragiles et une montée en cadence de ses chaînes d’assemblage, un défi industriel majeur pour tenir ses engagements de livraison.

Guillaume Faury, qui dirige Airbus depuis 2019, a également évoqué la nécessité de renforcer l’attractivité du secteur aéronautique auprès des jeunes talents, alors que le groupe doit recruter massivement dans les prochaines années pour accompagner sa croissance et le renouvellement des compétences. La formation et l’innovation ouverte figurent parmi les priorités affichées par le dirigeant pour préparer l’avenir de l’industrie aéronautique européenne.

Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.