Politique 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Gabriel Attal propose des « États-Unis d'Europe » pour relancer l'UE
Le candidat de Renaissance à la présidentielle de 2027 a présenté à Reims sa vision d'une Europe plus intégrée, avec une avant-garde de pays et l'élection du président de la Commission au suffrage universel.
Gabriel Attal, candidat de Renaissance à l'élection présidentielle de 2027, a dévoilé jeudi à Reims sa vision pour l'avenir de l'Union européenne. Il a plaidé pour la création d'« États-Unis d'Europe », affirmant que l'Europe à Vingt-Sept a « atteint ses limites ». Cette prise de position intervient au lendemain du discours sur l'état de l'Union prononcé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Pour « réveiller » l'UE, l'ancien Premier ministre propose qu'une avant-garde de pays avance vers une économie plus unie. Il souhaite également que le président de la Commission européenne soit élu au suffrage universel. Selon lui, cette réforme institutionnelle donnerait une nouvelle légitimité démocratique à l'exécutif européen et permettrait de sortir de l'immobilisme actuel.
Le leader de Renaissance n'a pas précisé le nombre de pays qui seraient concernés par cette avant-garde. Il a toutefois indiqué vouloir instaurer ces « États-Unis d'Europe » en organisant « le premier référendum européen ». Une manière de consulter directement les citoyens sur ce projet d'intégration renforcée, alors que les élargissements et les réformes institutionnelles suscitent des débats croissants au sein des Vingt-Sept.
En se présentant comme le « candidat de l'Europe », Gabriel Attal espère capitaliser sur les thèmes européens dans la campagne présidentielle française. Son objectif affiché est de relancer le projet de création des États-Unis d'Europe, une idée ancienne mais jamais concrétisée, qui divise les États membres entre partisans d'une intégration fédérale et défenseurs de la souveraineté nationale.
Cette proposition s'inscrit dans un contexte où l'Union européenne doit faire face à de multiples défis : guerre en Ukraine, transition énergétique, concurrence technologique et montée des populismes. Pour Gabriel Attal, seule une Europe plus unie et plus démocratique pourra peser face aux grandes puissances mondiales. Il entend ainsi faire de l'élection présidentielle de 2027 un moment clé pour redéfinir la place de la France dans l'UE.
La sortie de Gabriel Attal devrait alimenter le débat au sein de la majorité présidentielle et au-delà. Si certains y verront une ambition nécessaire pour relancer la construction européenne, d'autres y opposeront les risques d'une intégration à plusieurs vitesses, qui pourrait créer des divisions durables entre les États membres. Le chef de file de Renaissance devra convaincre non seulement son camp, mais aussi les électeurs français, souvent réticents à de nouveaux transferts de souveraineté.
En choisissant Reims, ville symbolique de la réconciliation franco-allemande, Gabriel Attal a voulu envoyer un message fort en faveur de l'amitié entre les peuples européens. Il entend désormais porter ce projet tout au long de la campagne, en espérant que la question européenne devienne centrale dans le débat présidentiel. Reste à savoir si les Français partageront cette vision d'une Europe fédérale, alors que les préoccupations nationales dominent souvent les scrutins.




