Politique 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
L'UE et le Canada réunis à Montréal pour approfondir leur partenariat
Bruxelles et Ottawa ouvrent un sommet de deux jours à Montréal pour élargir leur coopération sur les minerais stratégiques, le numérique, la mobilité des jeunes et l'énergie, dans un contexte de tensions avec Washington.
Bruxelles et Ottawa ouvrent jeudi à Montréal un sommet de deux jours destiné à approfondir leur rapprochement. Dans un monde dominé par les États-Unis et la Chine, l'Union européenne et le Canada veulent poser les bases d'un partenariat ambitieux et inédit, alors que Donald Trump observe ce rapprochement d'un œil hostile. Un accord de libre-échange et de défense est déjà en vigueur entre les deux parties.
L'un des dossiers centraux concerne le statut du Canada vis-à-vis de l'Union. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait évoqué en septembre la perspective que le pays devienne le premier « membre associé » de l'Europe des 27, une notion qui n'est pas prévue par les traités européens. Plusieurs États membres, dont l'Allemagne, se sont montrés réticents à employer cette expression, sans pour autant contester l'idée d'une association toujours plus étroite, juste en deçà d'une adhésion. Selon des diplomates à Bruxelles, c'est cette formulation qui devrait être retenue dans la déclaration finale. Ce partenariat stratégique pourrait se traduire par une participation d'Ottawa à certains sommets ou réunions ministérielles de l'UE.
Les minerais stratégiques figurent également en bonne place à l'ordre du jour. Le Canada regorge de terres rares et de minerais critiques, aujourd'hui fournis à l'Europe principalement par la Chine, alors que l'industrie européenne en a un besoin vital. L'exploitation minière canadienne peine toutefois à décoller. Le sommet pourrait déboucher sur un accord permettant à la Banque européenne d'investissement de financer des projets canadiens d'exploitation de minerais stratégiques. Bruxelles et Ottawa pourraient aussi envisager d'autres outils, comme des prix planchers ou la constitution de stocks, afin de soutenir la demande en minerais canadiens.
Un accord sur le commerce numérique, destiné à rendre les transactions en ligne plus rapides et moins coûteuses, devrait être dévoilé. Une version provisoire du communiqué conjoint prévoit en outre un renforcement de la coopération en matière d'infrastructures et de régulation de l'intelligence artificielle. Le Canada pourrait par ailleurs rejoindre le programme Galileo, le système européen de navigation par satellites qui offre une alternative au GPS américain, ainsi que le programme Iris2, censé fournir à terme un substitut européen à la constellation Starlink d'Elon Musk.
Ottawa et Bruxelles travaillent aussi à associer le Canada au programme Erasmus, qui permet notamment aux étudiants d'effectuer un semestre à l'étranger. Le projet de déclaration évoque le renforcement de la mobilité de la main-d'œuvre, avec la réduction des obstacles pour les jeunes et les travailleurs hautement qualifiés, ainsi qu'une meilleure reconnaissance des qualifications professionnelles. Les deux parties souhaitent enfin consolider leurs liens énergétiques, le texte mentionnant les exportations de gaz naturel liquéfié canadien vers l'Europe et le développement des énergies renouvelables.
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