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Législatives en Suède : une issue incertaine entre la gauche et l'extrême droite

Les Suédois votent ce dimanche pour des élections législatives très serrées. La gauche de Magdalena Andersson est légèrement en tête face au Premier ministre sortant Ulf Kristersson, qui a promis de faire entrer l'extrême droite au gouvernement en cas de victoire.

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Les électeurs suédois sont appelés aux urnes ce dimanche pour des élections législatives dont l'issue reste incertaine. Les sondages se sont resserrés dans les derniers jours de la campagne, et le verdict tombera après 20 heures, à la fermeture des bureaux de vote. Environ huit millions d'électeurs doivent départager deux blocs : la coalition de droite sortante et l'opposition de centre-gauche, créditée d'une légère avance.

Le scrutin doit déterminer si la Suède connaîtra un retour de la gauche au pouvoir ou une entrée inédite de l'extrême droite au gouvernement. Le Premier ministre sortant, Ulf Kristersson, a promis de faire entrer les Démocrates de Suède (SD) au gouvernement en cas de victoire. Cette formation nationaliste, longtemps tenue à l'écart, est devenue un partenaire incontournable pour la droite.

Trois personnalités dominent la campagne. Ulf Kristersson, 62 ans, ancien gymnaste et diplômé en économie, dirige le gouvernement depuis 2022. Il a conclu un accord inédit avec les Démocrates de Suède, un parti d'extrême droite, après avoir longtemps promis de ne jamais négocier avec lui. Selon le politologue Jan Teorell, de l'Université de Stockholm, cet accord a permis aux Modérés d'accéder au pouvoir mais leur a aussi coûté dans les sondages : la formation conservatrice a commencé à perdre des soutiens quelques mois seulement après son arrivée au pouvoir. Son mandat a par ailleurs été marqué par des scandales sans grandes conséquences, notamment des liens douteux avec une fondation dirigée par son épouse, pasteure luthérienne, et la nomination d'un ami d'enfance au poste de conseiller à la sécurité nationale.

Face à lui, Magdalena Andersson, 59 ans, cheffe de l'opposition sociale-démocrate, espère évincer le Premier ministre en promettant de renforcer l'État-providence. Première femme à avoir gouverné la Suède, brièvement, entre 2021 et 2022, cette technocrate formée à la finance a dirigé le pays pendant dix mois marqués par la pandémie de Covid-19 et par la candidature historique de la Suède à l'Otan. Elle a perdu les législatives de 2022. Son pragmatisme séduit de nombreux Suédois, selon Jan Teorell. Surnommée « le bulldozer » pour son style direct, elle « a une manière de parler qui inspire confiance à beaucoup de gens ». Née à Uppsala, fille unique d'un universitaire et d'une enseignante, elle a été championne de Suède junior de natation et milite depuis l'âge de 16 ans.

Le troisième homme de ce scrutin est Jimmie Åkesson, 47 ans, à la tête des Démocrates de Suède depuis plus de vingt ans. Il a fait passer ce parti aux racines néonazies du statut de paria à celui de formation incontournable pour la droite. Représentés au Parlement depuis 2010, les SD sont crédités d'environ 20 % des intentions de vote. Pendant le dernier mandat, le gouvernement minoritaire de droite a gouverné avec leur soutien, et Jimmie Åkesson est parvenu à imposer ses priorités en matière de politique migratoire et de lutte contre la criminalité organisée. L'immigration a été drastiquement réduite et l'accent est désormais mis sur la « remigration ».

En juin 2025, les SD ont présenté un rapport commandé en 2021 sur leur origine, détaillant leurs liens avec des organisations fascistes et nazies et les opinions xénophobes et antisémites de certains membres. Jimmie Åkesson avait alors fait son mea culpa et présenté ses excuses au nom du parti. En mars 2026, il a toutefois déclaré dans un entretien à la chaîne SVT qu'un musulman pratiquant en Suède ne pouvait pas être en même temps suédois.

Le résultat du scrutin dépendra des électeurs qui se rendent aux urnes dans un contexte de forte polarisation. La gauche espère capitaliser sur le rejet de l'extrême droite, tandis que la droite mise sur la continuité et sur les thèmes de la sécurité et de l'immigration. Les premières estimations sont attendues dans la soirée.

Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.