Politique 4 min de lecture Par Noémie Weber
Macron se rend à Marseille pour constater le retour de l'ordre après les violences du 17 octobre
Le président Emmanuel Macron doit se rendre lundi à Marseille, ville touchée par les violences du 17 octobre, alors que la France traverse une crise sociale et politique à six mois de la présidentielle.
Emmanuel Macron est attendu lundi à Marseille pour constater, selon la présidence, le « retour de l'ordre républicain » après les violences qui ont accompagné la mobilisation du 17 octobre contre la vie chère. Une visite présentée comme surprise, qui doit le conduire à la mairie de la cité phocéenne, touchée par les troubles, puis à la rencontre de commerçants victimes, selon l'Élysée, de pillages et de casseurs. Le chef de l'État doit également saluer et remercier les forces de sécurité intérieure qui ont permis, toujours selon la présidence, le rétablissement de l'ordre.
Lundi matin, de nombreuses vitrines du centre-ville étaient encore protégées par du contreplaqué, quelques heures avant son arrivée. Un proche du président a expliqué que le déplacement s'explique par le fait que « c'est là d'où tout part le 17 octobre », avec une intrusion de manifestants dans la mairie et un buste de Marianne brisé. Il s'agit, a-t-il ajouté, d'affirmer « que l'État est là, tient et sera au rendez-vous de sa mission de protection ». Le maire socialiste Benoît Payan avait pour sa part critiqué le manque d'anticipation en matière de maintien de l'ordre après la journée tendue du 17 octobre.
Le gouvernement comme le chef de l'État, qui quittera ses fonctions au printemps, ont été vivement critiqués par les oppositions, mais aussi par des figures du camp présidentiel, après ce que plusieurs responsables ont qualifié de fiasco du 17 octobre. Emmanuel Macron est monté en première ligne ces derniers jours : il a présidé plusieurs réunions destinées à améliorer le maintien de l'ordre et reçu vendredi les syndicats lycéens afin d'entendre, selon ses termes, « les attentes légitimes de notre jeunesse ». Il a promis dimanche que le Premier ministre Sébastien Lecornu et ses ministres, qui doivent rencontrer les lycéens lundi après-midi, apporteraient dans la foulée « des réponses très concrètes ».
La séquence s'inscrit dans une mobilisation d'ampleur. Samedi 24 octobre, la France est à nouveau descendue dans la rue : 410 000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, plus de 800 000 selon la CGT. Selon le gouvernement, 1 435 personnes ont été interpellées et 267 policiers et gendarmes blessés au cours de la journée. À six mois de l'élection présidentielle, le pays traverse une crise sociale et politique majeure.
Sur le plan judiciaire et parlementaire, une commission d'enquête sur les violences du 17 octobre doit établir le fonctionnement du maintien de l'ordre et les responsabilités de chacun. Pouria Amirshahi, député de Paris et corapporteur de cette commission, a été interrogé sur France 24 sur ses travaux et sur l'attentat raciste de Trappes, qui a fait un mort et cinq blessés. Il a été interrogé sur la question de savoir si les discours politiques contribuent à banaliser le racisme et à alimenter la violence.
Enfin, la tension gagne aussi le monde du sport et de la vie publique locale. La préfecture du Morbihan a demandé à la Ligue de football professionnel le report du match FC Lorient - Stade brestois, prévu samedi 31 octobre au stade du Moustoir, classé « à risque » par les autorités dans un contexte social qui mobilise largement les forces de l'ordre. Par ailleurs, un discours de Jordan Bardella a été perturbé à Orléans, l'UEJF annonçant une plainte pour violences, ce que le Rassemblement national conteste.
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