Société 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Un homme tue un passant et blesse cinq personnes à Trappes dans une attaque raciste
Kevin T., 39 ans, a tiré en rafales depuis sa voiture à Trappes et à La Verrière, tuant un homme de 26 ans. Sa garde à vue a été suspendue pour raisons psychiatriques, tandis que le ministre de l'Intérieur maintient la qualification d'attentat terroriste.
Un homme de 39 ans, Kevin T., est soupçonné d'avoir tiré en rafales depuis sa voiture, vendredi 23 octobre, dans les Yvelines, tuant un jeune homme de 26 ans et blessant cinq autres personnes, dont une fillette de 12 ans. Les faits, qualifiés d'attaque raciste, se sont déroulés à Trappes puis dans la commune voisine de La Verrière. Sa garde à vue a été suspendue dimanche pour raisons psychiatriques.
Face à cette décision, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé que la suspension de la garde à vue ne remettait pas en cause la qualification d'attentat terroriste retenue pour ces faits. Le suspect avait été interpellé après un périple sanglant au cours duquel il a ouvert le feu sur plusieurs personnes. Les investigations doivent désormais déterminer les suites judiciaires à donner à l'affaire, dans un contexte où l'état de santé mentale du suspect est examiné.
La victime mortelle s'appelait Pengo Bossio Wangi, âgée de 26 ans et d'origine congolaise. Dimanche après-midi, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, pour lui rendre hommage. Ce jeune espoir français du MMA était connu dans ce milieu sportif, et une cagnotte a été ouverte en soutien à sa famille.
Le président Emmanuel Macron a évoqué vendredi soir, depuis Trappes, un « tournant », parlant « d'un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne ». Ces déclarations s'inscrivent dans une série de réactions politiques et associatives qui se sont rapidement multipliées.
Plusieurs associations et syndicats, dont la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et SOS Racisme, appellent à des rassemblements lundi à 19 heures, place Stalingrad à Paris et dans plusieurs villes de France, notamment Bordeaux, Saint-Étienne, Nantes, Marseille, Grenoble, Montpellier et Roubaix. Ces organisations dénoncent « la banalisation de la haine raciste ». Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, affirme que « le racisme n'est pas un fait divers » et qu'un acte raciste doit entraîner une mobilisation de la société. La présidente de la LDH, Nathalie Tehio, estime pour sa part que « le gouvernement ne calme pas le jeu ».
Sur le plan politique, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a rejeté dimanche toute responsabilité de son parti dans cette attaque, dénonçant une « récupération politique indigne » de La France insoumise. Le Conseil représentatif des associations noires de France a de son côté annoncé qu'il se constituerait partie civile, affirmant que l'attentat « n'est pas survenu dans le vide ».
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