Politique 3 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Mélenchon rassemble des milliers de partisans au Bourget à huit mois de la présidentielle
À quelques mois de la présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon réunit des milliers de sympathisants au Bourget, pendant qu'Édouard Philippe lance son « Grand Tour » et que le PCF se déchire autour de son soutien.
Jean-Luc Mélenchon a rassemblé des milliers de partisans, le 7 novembre, au Bourget, près de Paris, pour un meeting qui a marqué la rentrée politique à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Le leader de La France insoumise y a prononcé un discours tourné vers la jeunesse et a refusé les appels à adoucir son ton. Au même moment, son programme a été publié dans une nouvelle version de « L'Avenir en commun ».
Le même jour, Édouard Philippe, président d'Horizons, lançait à La Ciotat son « Grand Tour », une itinéraire censé sillonner toutes les régions françaises avec des rencontres de 200 à 300 citoyens à chaque étape. Sa campagne est décrite comme en perte de vitesse, et ce déplacement vise à lui redonner de l'élan. Le paysage des candidatures reste toutefois flou : la liste définitive des prétendants à l'Élysée n'est pas encore arrêtée.
Le climat est également tendu à gauche. Le Parti communiste français affirme que les députés communistes qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon se sont placés en dehors du parti. Ces élus ont annoncé leur soutien le vendredi, en opposition au secrétaire national Fabien Roussel, qui défend une autre ligne. Cette fracture intervient alors que l'union de la gauche, déjà difficile à construire, reste au cœur des calculs des différents courants.
Ces développements s'inscrivent dans un contexte plus large, que l'historien Hervé Le Bras analyse dans un entretien accordé au Monde en novembre 2026. Pour lui, une France des technocrates serait en train d'être remplacée par une France des tribuns, où la parole directe, la mobilisation de foules et le rapport affiché aux électeurs prennent le pas sur l'expertise administrative. Il s'agit d'une lecture historique, qui met en perspective la manière dont les campagnes se conduisent aujourd'hui.
Cette évolution se lit aussi dans les rendez-vous de la rentrée. Le 27 août 2026, le Medef, présidé par Patrick Martin, avait réuni huit candidats potentiels à la présidentielle, parmi lesquels Bruno Retailleau, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier et Gabriel Attal. Cette rencontre avait donné une image des forces en présence, avant que les stratégies ne se précisent au fil des semaines.
Dans ce paysage, le meeting du Bourget et le lancement du « Grand Tour » illustrent deux manières de solliciter l'électorat : la mobilisation de masse d'un côté, la rencontre de proximité de l'autre. Les prochaines semaines diront si ces formats parviennent à modifier les rapports de force à quelques mois du scrutin.
Source: lemonde.fr
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