Politique 4 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Présidentielle 2027 : Matthieu Pigasse n'exclut pas une candidature hors primaire
Le banquier d'affaires Matthieu Pigasse a affirmé mardi sur France Inter ne fermer « aucune porte » à une candidature à la présidentielle 2027, tout en refusant de participer à la primaire socialiste qu'il juge « trop étroite ».
Le banquier d'affaires Matthieu Pigasse a affirmé mardi sur France Inter qu'il ne fermait « aucune porte » à une candidature à l'élection présidentielle de 2027, tout en précisant qu'il ne participerait pas à la primaire socialiste et qu'il ne voterait pas non plus, jugeant cette consultation « trop étroite ».
« Non, je n'ai pas tourné la page. Et non, je ne renonce pas à la bataille politique », a déclaré l'homme de gauche au micro de la matinale, interrogé par Benjamin Duhamel. « On est à huit mois de l'élection, il peut se passer plein de choses. Personne ne connaît la photo finish aujourd'hui des candidats et de l'élection […] Je ne ferme aucune porte », a-t-il ajouté, assurant vouloir être « utile » et « mener trois combats ».
Le premier de ces combats consiste, selon lui, à « tout faire pour faire barrage à l'extrême droite ». Le deuxième vise à « œuvrer pour l'union de la gauche », persuadé qu'« aucune gauche ne peut gagner seule ». Le troisième serait de « mener une rupture politique », par exemple en « gelant la dette publique ».
Interrogé sur le projet de budget pour 2027, dont les grandes lignes ont été présentées par le gouvernement, Matthieu Pigasse l'a jugé « injuste socialement » et « d'austérité ». « C'est un marchepied au Rassemblement national », a-t-il conclu.
Le banquier a par ailleurs répondu aux révélations du Canard Enchaîné sur ses vacances aux Caraïbes, estimées à plus de 400 000 euros pour trois semaines — l'équivalent de « vingt années de smic », a souligné Benjamin Duhamel. « Être de gauche, ce n'est pas faire vœu de pauvreté », a-t-il rétorqué. « Je n'ai jamais caché que j'avais de l'argent, j'assume ce que j'ai et ce que je suis […] Oui, j'ai de l'argent, oui, je suis riche et oui, je veux payer plus d'impôts », a-t-il poursuivi, ajoutant que « ce qui compte, ce sont les engagements et les convictions ».
Cette prise de position intervient à huit mois du scrutin présidentiel, dans un contexte où la gauche cherche encore à s'organiser. Matthieu Pigasse a décidé de ne pas soutenir de candidat à la primaire socialiste, dénonçant une primaire de cooptation, tout en souhaitant peser sur les débats. Sa position illustre les tensions au sein d'une gauche en quête d'unité, alors que plusieurs personnalités n'excluent pas des candidatures hors des cadres partisans traditionnels.
Le banquier, connu pour son engagement à gauche et ses prises de position sur la dette publique, n'a pas précisé les modalités d'une éventuelle candidature. Il laisse entendre que la situation politique peut encore évoluer d'ici l'élection, et que sa décision dépendra des circonstances. Son refus de participer à la primaire socialiste pourrait compliquer les efforts d'union, mais il affirme vouloir contribuer à faire barrage à l'extrême droite et à promouvoir une alternative de gauche.
Les réactions à ses déclarations n'ont pas tardé, certains responsables politiques s'interrogeant sur la cohérence d'une candidature extérieure aux partis. D'autres y voient une volonté de peser sur l'agenda sans nécessairement se présenter. Pour l'heure, Matthieu Pigasse maintient le flou sur ses intentions, se contentant de répéter qu'il ne ferme aucune porte et qu'il veut être utile à la gauche.
À huit mois du premier tour, le paysage politique reste mouvant. La primaire socialiste, dont les modalités sont encore débattues, pourrait ne pas suffire à rassembler toute la gauche. Dans ce contexte, la possibilité d'une candidature de Matthieu Pigasse, ou d'autres figures extérieures aux partis, ajoute une incertitude supplémentaire à une élection déjà marquée par de nombreuses inconnues.
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