Politique 4 min de lecture Par Noémie Weber
Russie unie remporte largement des législatives sans opposition
Le parti de Vladimir Poutine obtient 57,5 % des voix selon les premiers résultats officiels, dans un scrutin marqué par des attaques de drones ukrainiens et des cyberattaques.
Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, est largement donné vainqueur des élections législatives russes, selon les premiers résultats officiels publiés après le dépouillement des trois quarts des bulletins. La formation au pouvoir réunit 57,5 % des voix, contre 14 % pour les communistes et 8,7 % pour les nationalistes du LDPR. Ce score marque une nette progression par rapport aux 49,8 % obtenus en 2021.
Le scrutin, qui visait à renouveler la Douma, la chambre basse du Parlement, pour la première fois depuis le début de l'offensive à grande échelle en Ukraine en 2022, s'est déroulé sur trois jours. Selon les projections de l'agence TASS, Russie unie est d'ores et déjà assurée de conserver sa majorité des deux tiers des sièges, une configuration qui lui permettrait de modifier la Constitution. Aucun parti opposé à la guerre en Ukraine n'a été autorisé à concourir. Le seul parti frontalement opposé au conflit, Iabloko, avait été écarté.
Les autorités électorales se sont félicitées d'une participation en hausse, à 56,7 %, malgré un scrutin sans suspense dans un pays où l'expression de la dissidence est sévèrement réprimée. Dmitri Medvedev, l'ancien président et actuel patron de Russie unie, a salué ces premières tendances comme une expression de confiance dans le pouvoir. Il a promis de « soutenir la ligne fixée par le président » et de « rapprocher le pays de la victoire » en Ukraine.
La dernière journée de vote a toutefois été marquée par une attaque ukrainienne d'ampleur, impliquant plus d'un millier de drones, qui a tué deux personnes dans la périphérie de Moscou, selon les autorités russes. Dans la capitale, une importante raffinerie a été endommagée, a indiqué le maire Sergueï Sobianine, qui a dénoncé une attaque « manifestement planifiée dans le but de perturber les élections ». Un drone ukrainien a également frappé un bus dans la région de Kherson, dans le sud de l'Ukraine contrôlé par la Russie, tuant deux personnes, dont une employée de la Commission électorale.
Dans la soirée, le ministère russe de la Défense a assuré que Moscou « poursuivrait et intensifierait » ses frappes au moyen d'« armes de haute précision contre des cibles militaires à Kiev », en réponse à ces attaques. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que les frappes ukrainiennes « ont eu un impact très important dans la région de Moscou ». Il s'est entretenu au téléphone avec Donald Trump, qui a sommé Kiev ces derniers jours de cesser ses frappes contre les raffineries russes. Volodymyr Zelensky a indiqué avoir convenu d'une rencontre à New York dans les prochains jours avec le président américain, avec qui il a évoqué « des idées pour des mesures de désescalade ».
Parallèlement, la Commission électorale a annoncé avoir observé « plus d'un millier » de vagues d'attaques destinées à saturer de requêtes le système de vote électronique, ainsi que des attaques contre « l'infrastructure de télécommunications de la Russie dans son ensemble ». Le scrutin s'est également déroulé dans les territoires d'Ukraine occupés et annexés par la Russie, une situation qui a suscité des critiques internationales mais qui n'a pas entamé la domination du parti au pouvoir.
Ces élections confirment la mainmise de Russie unie sur le paysage politique russe, dans un contexte de guerre prolongée et de répression accrue de toute opposition. La progression du parti au pouvoir par rapport à 2021, combinée à une participation en hausse, dessine un Parlement encore plus aligné sur les orientations du Kremlin, à un moment où les tensions avec l'Ukraine et ses alliés restent à leur plus haut niveau.




