Udata

jeudi 5 novembre 2026 · Paris

Rechercher

Société 3 min de lecture Par

Les syndicats appellent à la grève le 5 novembre, manifestations attendues partout en France

Les syndicats appellent les salariés et les fonctionnaires à la grève jeudi 5 novembre pour réclamer des hausses de salaires, avec des manifestations prévues sur l'ensemble du territoire, auxquelles s'associent lycéens, étudiants et retraités.

Les syndicats appellent à la grève le 5 novembre, manifestations attendues partout en France
© rfi.fr

Les syndicats appellent les salariés et les agents de la fonction publique à la grève ce jeudi 5 novembre pour réclamer des hausses de salaires. Des manifestations sont attendues dans toute la France, et les jeunes comme les retraités sont invités à rejoindre les cortèges. Le gouvernement doit être amené à présenter des réponses concrètes sur les rémunérations, un point central de la journée.

L'appel est porté conjointement par la CFDT, la CGT, Force ouvrière, l'Unsa et la FSU. Lors des actions précédentes, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC étaient restées en retrait, ce qui donne à cette journée une dimension inhabituelle pour le paysage syndical. La mobilisation du 29 septembre avait rassemblé plus de 200 000 manifestants, pour une grande part issus du secteur public. Le secteur public compte environ 6 millions d'agents, et plus de 26 millions de salariés sont au total concernés par l'appel.

Au-delà des organisations syndicales, le mouvement s'élargit à d'autres catégories. Les lycéens et les étudiants poursuivent une mobilisation entamée à la mi-septembre. Les gilets jaunes ont relancé leurs protestations contre le coût de la vie pendant trois samedis consécutifs, et des agriculteurs de la Confédération paysanne rejoignent également l'appel. Selon une carte établie par la CGT, plus de 250 actions sont annoncées dans le pays, ce qui témoigne de l'ampleur géographique de la journée.

Le mouvement de la jeunesse a commencé le 17 octobre, à partir des réseaux sociaux et de blocages de lycées. Il s'est ensuite propagé aux établissements d'enseignement supérieur. À Lyon, l'école des Beaux-Arts a organisé un « cours de grève » ouvert, en soutien aux lycéens. Les étudiants en art de la ville votent la grève depuis le début de l'automne, sans que leurs absences soient comptabilisées, une situation qui illustre la manière dont la contestation s'installe dans la durée.

Les prochaines élections professionnelles des syndicats, prévues en décembre, sont considérées comme un enjeu clé pour les organisations engagées dans cette journée. Elles peuvent mesurer l'audience réelle de chaque syndicat après cette séquence de mobilisation. Les historiens et les analystes restent toutefois partagés sur la question de savoir si les syndicats ont mené le mouvement ou s'ils ont été dépassés et rattrapés par la colère sociale. Il reste également incertain que l'engagement des jeunes se prolonge et se traduise par des adhésions aux organisations syndicales.

Sur le plan pratique, comme lors des manifestations étudiantes précédentes, la préfecture de police de Paris a retardé le parcours de la manifestation autorisée dans la capitale. Cette décision s'inscrit dans un climat où les autorités et les organisateurs doivent gérer la coexistence de cortèges très différents, entre salariés, fonctionnaires, jeunes et retraités, dans une même journée de contestation.

6Vues

Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.