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Des lycéens marseillais prêts à retourner en cours malgré les blocus

Après plus d'un mois de mobilisation lycéenne devenue colère sociale généralisée, certains élèves marseillais disent vouloir reprendre les cours, inquiets du retard accumulé et de la fatigue des blocages.

Des lycéens marseillais prêts à retourner en cours malgré les blocus
© 20minutes.fr

Après plus d'un mois de mouvement lycéen, devenu une colère sociale plus large, une partie des élèves marseillais commence à envisager un retour en classe. Entre inquiétude pour l'année scolaire et lassitude des blocages, les jeunes disent chercher un équilibre entre leur engagement et leurs examens.

Au lycée du Rempart, à Marseille, les effectifs restent faibles. Avant les vacances, deux ou trois élèves suivaient les cours de première année de BTS technico-commercial, selon Tom ; le lendemain, ils étaient une dizaine. Son camarade Anis observe lui aussi cette lente reprise, qu'il attribue en partie à l'ennui de jeunes qui ne supportent plus de rester chez eux. Pour ces étudiants en BTS, les examens sont encore loin, mais l'apprentissage, lui, a déjà commencé.

Raphaël, élève de seconde générale dans le même lycée, qui connaît un blocage pacifique et intermittent, dit ressentir une inquiétude croissante. « Il y a une partie de mon cerveau qui commence à me dire : "ça va être chaud" de rattraper le retard et la reprise va être d'autant plus dure, toutes les évaluations vont nous tomber dessus », confie-t-il. Il assure avoir d'abord pensé que le mouvement s'arrêterait après les vacances, mais estime que, si l'État ne répond pas, le blocus se prolongera. Les lycéens réclament, selon lui, de petites améliorations matérielles : des ventilateurs pour l'été et des tabourets pour tous en physique-chimie.

Alan dit lui aussi avoir l'impression de ne pas avoir vraiment repris le travail depuis les grandes vacances. « On a à peine fait la rentrée, si bien que j'ai l'impression que cela fait trois mois que je n'ai pas travaillé. Ça commence à faire beaucoup », affirme-t-il.

Chez les lycéens les plus mobilisés, le retour en cours devient également une option. Anne, en classe de première, a participé à une manifestation spontanée d'une centaine de lycéens. Elle évoque la fatigue des blocages et la réflexion en cours sur d'autres modes d'action, comme ne bloquer que les jours de manifestation. « Je comprends qu'il faille retourner en cours, même si comparé à l'extrême droite et à la répression, l'angoisse du bac est moindre », dit-elle.

Au lycée Montgrand, toujours au centre-ville de Marseille, les élèves de terminale Inès, Linda et Sam disent se sentir « légèrement inquiets » du retard dans les programmes. Ils expliquent que leurs professeurs soutiennent plutôt le mouvement et les rassurent en affirmant que le retard peut se rattraper et que des cours supplémentaires pourront être ajoutés. Linda reste toutefois réaliste : même si les élèves reprennent les cours, sa classe n'a toujours pas de professeur de philosophie, alors que dix-sept notions restent au programme.

Ces élèves s'inquiètent aussi de l'écart qui pourrait se creuser avec les lycées restés ouverts, après trois semaines de cours perdues. Pour compenser, ils disent travailler chez eux avec l'aide de leur professeur. Ils concluent cependant que, si le gouvernement avait écouté les revendications, la situation n'en serait pas là.

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Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.