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Halima El Bakhti fait un malaise pendant la projection des photos de l’autopsie de la fillette de l’A10

Au troisième jour de son procès devant la cour d’assises de Loir-et-Cher, l’accusée de 72 ans s’est effondrée lors de la présentation des conclusions médico-légales sur les violences subies par Inass Touloub, retrouvée morte au bord de l’A10 en 1987.

Halima El Bakhti fait un malaise pendant la projection des photos de l’autopsie de la fillette de l’A10
© lefigaro.fr

Au troisième jour de son procès devant la cour d’assises de Loir-et-Cher, à Blois, Halima El Bakhti, 72 ans, a fait un malaise mercredi après-midi, au moment où les photos de l’autopsie de la petite Inass Touloub ont été projetées à l’audience. La salle a été évacuée et l’audience suspendue pour la soirée. Les sapeurs-pompiers sont intervenus. Selon le parquet, l’accusée a repris connaissance.

Poursuivie pour torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, Halima El Bakhti est jugée pour les violences infligées à une fillette de 4 ans dont le corps avait été découvert en août 1987 sur le bord de l’autoroute A10. Son ancien mari est jugé séparément pour complicité. Avant la projection des images, les mineurs présents dans le public avaient été invités à quitter la tribune. Le procès a été ouvert lundi, et mercredi correspondait à son troisième jour d’audience.

Les images ont été montrées pendant l’exposé de la médecin légiste Pauline Saint-Martin, qui a détaillé pendant environ douze minutes la liste des lésions relevées sur le corps de l’enfant. L’experte a fait état d’au moins huit fractures, dont certaines anciennes de plusieurs mois et jamais soignées, ainsi que de plus de vingt morsures et plaies par arrachement. Elle a conclu que la mort n’avait pas été brutale et qu’elle avait été précédée d’une période d’agonie dont la durée n’a pu être établie. L’heure du décès, elle, ne peut pas être déterminée. Ces constats dessinent le tableau de violences répétées sur plusieurs mois, et non d’un acte isolé.

Tout au long de l’audience, l’accusée a nié les faits, invoquant des trous de mémoire. Lors des premiers interrogatoires, elle a paru détachée, ce qui a frappé les observateurs présents dans la salle. Pendant la description des blessures, elle a essuyé une larme, selon les notes d’audience. Ce moment, intervenu juste avant le malaise, illustre la difficulté de l’audience à concilier le déroulé du dossier et la réaction de la prévenue face à des éléments d’une grande brutalité.

L’affaire, désignée dans la presse comme celle de la «martyre de l’A10», a été longtemps sans auteur identifié. Le dossier a été relancé en 2018 après de nouvelles investigations, et le récit des enquêteurs sur ce travail de réouverture doit encore être entendu par la cour. Les témoignages à venir pourront éclairer la chronologie entre la découverte du corps en 1987 et les éléments qui ont conduit au procès actuel.

L’audience doit reprendre jeudi ou vendredi, selon l’organisation des débats. Elle devra notamment permettre à la cour d’entendre les enquêteurs, puis de poursuivre l’examen des charges pesant sur les deux accusés, dont la responsabilité respective doit encore être établie au fil des débats.

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Pauline Delorme

Auteur

Rédactrice culture

Pauline Delorme couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.