Politique 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Sébastien Delogu affirme avoir remboursé la pension alimentaire de ses enfants
Le député LFI des Bouches-du-Rhône reconnaît avoir cessé de verser la pension alimentaire de ses deux enfants depuis mars 2025 et assure avoir régularisé la situation après des révélations de Mediapart.
Le député La France insoumise des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu a reconnu avoir cessé de verser la pension alimentaire de ses deux enfants pendant plus d'un an, avant d'assurer avoir régularisé sa situation. Dans un communiqué publié samedi 19 septembre 2026, l'élu des quartiers nord de Marseille indique avoir « pris les dispositions nécessaires pour régulariser cette situation et rembourser l'intégralité de la somme », précisant que « c'est chose faite ».
L'affaire avait été révélée début septembre par Mediapart. Selon le média d'investigation, Sébastien Delogu ne versait plus cette pension depuis mars 2025, destinée à subvenir aux besoins de ses deux enfants issus d'une précédente relation. La somme totale impayée s'élèverait à près de 20 000 euros. L'ex-compagne du député a porté plainte, ce qui a conduit à la médiatisation de l'affaire et à la prise de parole de l'élu.
« Payer cette pension est un devoir. Je tiens à m'en acquitter comme je l'ai fait pendant des années », déclare Sébastien Delogu dans son communiqué. Il ajoute : « Les difficultés que j'ai pu rencontrer récemment sont de ma responsabilité et je n'ai pas l'intention de me soustraire à mes obligations. Je m'en excuse d'autant plus que mes enfants n'ont pas à en subir les conséquences. » L'élu de 39 ans, connu pour son engagement dans les quartiers populaires de Marseille, n'a pas précisé la nature des difficultés évoquées.
Cette affaire intervient dans un contexte politique déjà chargé pour le député insoumis. En août 2026, Sébastien Delogu avait été convoqué au commissariat de l'Évêché à Marseille dans le cadre d'une autre procédure, et une audition était prévue le 13 novembre. Il avait également été placé en garde à vue fin août pour outrage, selon plusieurs sources concordantes. Ces démêlés judiciaires s'ajoutent à une actualité nationale tendue pour La France insoumise, régulièrement critiquée sur la question des obligations personnelles de ses élus.
La reconnaissance publique de Sébastien Delogu marque un revirement après plusieurs semaines de silence. Interrogé par plusieurs médias, il avait d'abord refusé de commenter les révélations de Mediapart. Sa décision de rembourser l'intégralité de la somme, annoncée le 19 septembre, vise à clore une polémique qui menaçait son image d'élu proche des préoccupations sociales. Le député a insisté sur le caractère personnel de l'affaire, sans évoquer de conséquences sur son mandat.
Pour l'heure, aucune action judiciaire supplémentaire n'a été annoncée par le parquet de Marseille. L'ex-compagne du député, qui a porté plainte pour non-paiement de pension alimentaire, n'a pas réagi publiquement à l'annonce du remboursement. Le code pénal français prévoit des sanctions pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende en cas d'abandon de famille, mais la régularisation de la situation pourrait éteindre l'action publique si la plainte est retirée.
Cette séquence illustre la vigilance accrue des médias et du public sur la vie privée des élus, en particulier lorsque celle-ci entre en contradiction avec les engagements politiques affichés. Sébastien Delogu, figure de la gauche radicale à Marseille, s'était fait connaître par ses positions en faveur des quartiers populaires et des familles en difficulté. L'affaire pourrait néanmoins peser sur sa crédibilité locale, à un an des prochaines échéances électorales.




