Politique 3 min de lecture Par Noémie Weber
Washington approuve la vente de 500 missiles Patriot à Kiev
Les États-Unis ont validé la vente de 500 missiles intercepteurs Patriot à l’Ukraine, pour plus de deux milliards de dollars, tandis que des habitants d’Olechky, ville occupée du sud du pays, ont été évacués lors d’une trêve humanitaire.
Le gouvernement américain a approuvé la vente de 500 missiles intercepteurs Patriot à l’Ukraine, pour un montant dépassant deux milliards de dollars. La facture doit être réglée par le Canada, l’Allemagne et la Norvège, ainsi que par des fonds ukrainiens financés grâce au prêt de soutien de l’Union européenne. Selon Volodymyr Zelensky, qui a salué une « décision forte du département d’État américain », les livraisons pourraient toutefois ne commencer que dans plusieurs années.
Kiev souligne la valeur stratégique de ces missiles, qui sont, selon les autorités ukrainiennes, les seuls capables d’abattre les missiles russes les plus sophistiqués. Le rythme des livraisons reste donc un enjeu central pour la défense aérienne du pays, confronté depuis plus de quatre ans à la guerre.
Dans le même temps, des habitants d’Olechky, ville du sud de l’Ukraine située sur la ligne de front dans la région de Kherson et occupée par la Russie, sont arrivés samedi sur le territoire ukrainien. Ils ont été évacués dans le cadre d’une rare trêve annoncée par Melania Trump. La ville, en proie à une crise humanitaire, était devenue particulièrement dangereuse : les routes étaient minées, les habitants étaient exposés aux drones ukrainiens et russes, et l’approvisionnement en nourriture et en médicaments était quasiment impossible.
L’opération humanitaire a été conduite conjointement par Kiev et Moscou, et a permis aux évacués de rejoindre l’Ukraine via la Russie et le Bélarus. Selon Kiev, environ 2 000 habitants sur les 24 000 d’avant-guerre vivaient encore dans la ville avant ces évacuations. Parmi les personnes sorties, Ielyzaveta Paliï, 19 ans, a retrouvé son père, qu’elle n’avait pas vu depuis janvier 2024. « C’est une bénédiction, j’ai attendu ça pendant très longtemps », a-t-il déclaré. Un autre habitant a décrit les conditions de vie dans la ville occupée : « Nous mangions tout ce qu’il y avait de disponible », a-t-il raconté, expliquant avoir survécu grâce à un jardin potager.
Sur le plan diplomatique, le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté samedi, à Istanbul, la Russie et l’Ukraine à agir de « façon responsable » en mer Noire, où les attaques contre les navires commerciaux se multiplient. « Nous ne pouvons en aucun cas accepter ces attaques, quels qu’en soient les auteurs ou les justifications avancées », a-t-il déclaré aux côtés de Volodymyr Zelensky. Ankara, qui entretient des relations avec Moscou comme avec Kiev, tente de relancer son rôle de médiateur. Zelensky a évoqué « la possibilité d’une rencontre ici, en Turquie », avec l’implication de l’Europe et d’autres partenaires, alors que les discussions de paix sont à l’arrêt depuis le début de l’année.
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