Société 3 min de lecture Par Pauline Delorme
Emmanuel Grégoire porte plainte après des tags « remigration » découverts à Paris
Le maire socialiste de Paris a saisi la justice après la découverte de tags faisant la promotion de la « remigration » sur des façades de commerces parisiens, un samedi marqué par l'interdiction de plusieurs rassemblements liés à ce mot d'ordre.
Le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé samedi avoir saisi la justice après la découverte d'inscriptions racistes et xénophobes sur les façades de plusieurs commerces de la capitale. Les tags faisaient la promotion de la « remigration », un mot d'ordre qu'il juge porteur d'une « incitation à la haine raciale ».
Sur le réseau X, l'élu a affirmé que « derrière le mot ''remigration'' se trouve le projet raciste de l'extrême droite ». « Nous ne laisserons pas cette haine s'installer dans nos rues », a-t-il ajouté. Il indique avoir saisi la procureure de la République au titre de l'article 40 du code de procédure pénale et avoir déposé plainte afin que les auteurs soient identifiés et poursuivis.
La Ville de Paris a fait intervenir ses équipes de la propreté dès la matinée pour effacer les inscriptions. Dans son communiqué, la municipalité souligne que ces tags reprennent le mot d'ordre porté par des mouvements d'extrême droite et constituent, selon elle, une incitation à la haine raciale. Elle les juge « d'une gravité particulière ». Plusieurs de ces inscriptions ont été repérées sur les devantures de magasins de luxe de la rue Saint-Honoré, dans le 1er arrondissement, où elles ont ensuite été nettoyées, selon Le Monde.
Le contexte est tendu. Ces tags sont apparus quelques jours après l'attentat raciste de Trappes, dans les Yvelines, et alors que plusieurs rassemblements destinés à promouvoir la « remigration » ont été interdits ce week-end. Jeudi, le préfet de police et le préfet des Hauts-de-Seine ont pris des arrêtés d'interdiction visant, d'une part, un colloque sur la « remigration » organisé samedi au Plessis-Robinson, et, d'autre part, une manifestation prévue à Paris le dimanche.
Le terme de « remigration » est employé par l'extrême droite radicale pour désigner une politique d'expulsion de masse des personnes d'origine étrangère. Cette notion s'est diffusée en Europe, notamment en Allemagne, où elle est reprise par le parti prorusse et anti-immigration AfD. C'est pour cette raison que les autorités et la mairie associent ces tags à un projet politique plus large, au-delà du seul graffiti.
Les inscriptions ont été découvertes dans la matinée de samedi 31 octobre. La Ville de Paris ne précise pas à ce stade le nombre exact de tags relevés ni l'identité de leurs auteurs. La plainte déposée par le maire vise à permettre leur identification et leurs poursuites, dans une procédure qui relève désormais de la justice.
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