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Kevin T. avait agressé un homme noir trois jours avant l'attentat de Trappes

Trois jours avant la fusillade raciste de Trappes et La Verrière, Kevin T. avait violemment agressé un homme noir sur un parking. Mis en examen par un juge antiterroriste, il a reconnu le mobile raciste.

Kevin T. avait agressé un homme noir trois jours avant l'attentat de Trappes
mediapart.fr

Trois jours avant d'ouvrir le feu sur des personnes noires et arabes à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, Kevin T. avait violemment agressé un homme noir sur un parking. Ces informations, révélées par « Mediapart », mettent en lumière les antécédents violents de l'auteur présumé de l'attentat, survenu le 23 octobre.

Selon les éléments rapportés par « Mediapart », repris par « Franceinfo » et « Ouest-France », le suspect avait été interpellé pour cette agression avant les tirs. Il était accusé d'avoir frappé cet homme, avant d'être interpellé par des policiers selon les premiers éléments de l'enquête. Kevin T. avait également menacé de mort plusieurs connaissances racisées de son quartier, toujours selon « Mediapart ». Ces menaces ont été évoquées par des personnes de son entourage immédiat, qui ont décrit un climat de violence bien antérieur à l'attaque.

Jeudi 29 octobre, le procureur national antiterroriste Olivier Christen a donné une conférence de presse. Il a indiqué que le suspect avait reconnu avoir ciblé des personnes musulmanes, africaines ou nord-africaines, et choisi Trappes parce que cette ville était, à ses yeux, un « repaire d'islamistes ». Selon « L'Humanité », ces déclarations confirment les convictions racistes de Kevin T. ainsi que son soutien au Rassemblement national, malgré les démentis de l'extrême droite et de ses relais médiatiques, qui avaient tenté depuis plusieurs jours de contester cette dimension politique.

Le même jour, Kevin T. a été mis en examen à Paris par un juge antiterroriste. Il doit désormais comparaître devant un juge des libertés et de la détention, qui décidera de son éventuel placement en détention provisoire. Lors de sa mise en cause, il a affirmé n'éprouver « aucun regret » et dit avoir ciblé « un repaire d'islamistes », des propos rapportés par les médias ayant suivi l'affaire.

Le Parquet national antiterroriste a ouvert une information judiciaire pour « assassinat et tentative d'assassinat en relation avec l'entreprise terroriste », commis en raison de l'appartenance vraie ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée. Il a également retenu la « tentative de destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes » en relation avec une entreprise terroriste.

Ces révélations soulèvent une question sensible : celle du suivi d'un individu déjà interpellé pour des faits de violence à caractère raciste quelques jours seulement avant les tirs. Les éléments disponibles à ce stade ne permettent pas de dire si ces antécédents avaient été portés à la connaissance des services compétents avant l'attentat. L'enquête se poursuit, et le juge des libertés et de la détention doit encore se prononcer sur le maintien en détention de Kevin T.

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Rémi Lefèvre

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Reporter sport

Rémi Lefèvre couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.