Société 3 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Un manifestant grièvement blessé à la main à Toulouse, l’IGPN saisie
Le parquet de Toulouse a saisi l’Inspection générale de la police nationale après la plainte d’un jeune manifestant de 20 ans, blessé à la main lors des heurts du 24 octobre.
Le parquet de Toulouse a saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », après la plainte d’un manifestant de 20 ans grièvement blessé à la main lors de heurts avec les forces de l’ordre, samedi 24 octobre. Le jeune homme a porté plainte pendant son audition, a indiqué le procureur de la République à Toulouse, David Charmatz, qui s’est exprimé auprès de l’AFP.
Entendu dimanche dans le cadre d’une enquête pour « recherche des causes de blessures graves », le manifestant a déposé sa plainte au cours de cette audition. Lundi, le parquet a saisi l’IGPN du chef de « violences volontaires par une personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou infirmité permanente lors d’une manifestation sur la voie publique ». Le procureur a précisé que cette qualification ne présume en rien de la nature juridique exacte de l’infraction éventuellement commise, mais qu’elle ouvre sur l’hypothèse la plus grave, comme c’est la pratique. Le dossier reste donc à un stade préliminaire, sans conclusion sur les responsabilités.
Le dossier s’inscrit dans un bilan national lourd. Au total, 1 435 personnes ont été interpellées en marge des manifestations pour le pouvoir d’achat et la défense des services publics, samedi en France, a annoncé lundi le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Il fait état de 267 membres des forces de l’ordre blessés et d’environ 150 manifestants blessés, dont trois « assez » grièvement, à Toulouse, Reims et Clermont-Ferrand. Ces chiffres placent l’affaire toulousaine dans un contexte de tensions réparties sur plusieurs villes du pays, le même jour.
À Lyon, le parquet a indiqué mardi avoir ouvert une enquête confiée à l’IGPN « pour recherche des causes des blessures ». Elle concerne cette fois un homme qui ne manifestait pas, mais qui a été blessé en marge des manifestations du 24 octobre. Le parquet lyonnais a ainsi confié à la même inspection un second dossier de blessures survenues ce jour-là, distinct de celui de Toulouse.
À Lorient, dans le Morbihan, l’affaire du groupe dit « d’entraide citoyenne » prend également une tournure judiciaire. Venu en marge de la manifestation contre la vie chère, samedi 24 octobre 2026, ce groupe s’était présenté en « soutien » aux commerçants de la ville. Le parquet confirme à Ouest-France qu’une enquête a été ouverte, et la police a été saisie du dossier.
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