Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a annoncé ce mercredi 22 juillet 2026 qu'elle remettait sa démission au président de la République, Emmanuel Macron. Cette décision fait suite à l'adoption définitive, la veille, de la loi d'urgence agricole par le Parlement, un texte qui prévoit notamment la réintroduction dérogatoire de deux pesticides interdits, dont l'insecticide acétamipride. Dans un message publié sur le réseau social LinkedIn, la ministre a justifié son départ en estimant que ce vote constituait « le recul environnemental de trop ».

« Contrairement aux engagements qui m'avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure, pourtant souhaitée également par les députés », a-t-elle écrit. Cette mesure controversée permet la réintroduction, à titre dérogatoire, de substances actives phytosanitaires interdites dans l'Union européenne, une décision que la ministre juge incompatible avec ses fonctions et ses convictions écologiques. La loi d'urgence agricole, adoptée dans un contexte de crise du secteur agricole, vise à assouplir certaines normes environnementales pour soutenir les agriculteurs confrontés à des difficultés économiques et climatiques.

La démission de Monique Barbut intervient après plusieurs semaines de tensions au sein du gouvernement sur la question des pesticides. La ministre s'était publiquement opposée à la réintroduction de l'acétamipride, un insecticide neurotoxique utilisé notamment dans la culture du colza, dont l'utilisation est interdite en France depuis 2018 en raison de ses risques pour la santé humaine et la biodiversité. Elle avait plaidé pour un maintien strict des interdictions existantes, conformément aux engagements pris lors du plan Écophyto, qui vise à réduire l'usage des produits phytosanitaires.

Cette démission marque un tournant dans la politique environnementale du gouvernement, déjà critiqué par les associations écologistes pour son manque d'ambition en matière de transition écologique. Plusieurs organisations, dont Greenpeace France et la Fondation pour la nature et l'homme, ont salué la décision de la ministre tout en dénonçant « un signal alarmant pour la protection de l'environnement ». Elles appellent le gouvernement à revenir sur cette mesure et à renforcer les contrôles sur l'utilisation des pesticides.

Le départ de Monique Barbut intervient également dans un contexte politique tendu, à quelques mois des élections législatives. L'opposition de gauche et les écologistes ont immédiatement réagi en dénonçant « un gouvernement qui sacrifie l'environnement sur l'autel de l'agriculture intensive ». De son côté, la majorité présidentielle tente de minimiser l'impact de cette démission, en soulignant que la loi d'urgence agricole répond à une nécessité économique et sociale pour les agriculteurs français.

Monique Barbut, ancienne directrice de l'Office français de la biodiversité, avait été nommée ministre de la Transition écologique en janvier 2025. Elle était perçue comme une figure technique et modérée, mais déterminée à défendre les objectifs climatiques et de biodiversité. Sa démission pose désormais la question de son remplacement et de la poursuite des réformes environnementales dans un contexte de pression agricole et de crise énergétique.

En attendant, la loi d'urgence agricole, désormais adoptée, entrera en vigueur dans les prochaines semaines. Elle prévoit, outre la réintroduction dérogatoire de pesticides, des mesures de simplification administrative pour les exploitations agricoles et un soutien financier accru aux filières en difficulté. Les opposants à ce texte, notamment les associations environnementales et certains syndicats agricoles, ont déjà annoncé leur intention de saisir le Conseil constitutionnel pour contester la constitutionnalité de certaines dispositions.